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Ca remue à la fac... - Montpellier

Résumé non-exhaustif et partial, appuyé sur une quinzaine de tracts, brochures et journaux, du mouvement sur la fac de lettres de Montpellier (Paul Valéry) en 2009.

Cette année universitaire 2008-2009 a connu une lutte-spectacle dont le point fort fut au mois de mars, ainsi que plusieurs assemblées générales (AG) dont la régularité s’est multipliée fin février, pour en arriver au blocage quasi-intégral de l’université le 3 mars pendant un mois et au prolongement de l’occupation de jour à la nuit pendant huit jours (sauf le samedi et dimanche).
Il existait, comme dans les autres facs, plusieurs revendications réformistes et conservatrices, mais un des mots d’ordre a quand même faiblement tenté de dépasser le cadre national corporatiste étudiant et sa coordination : « contre la LRU et la logique capitaliste qui l’engendre ».
Une des spécificités de ce mouvement fut que les professeurs, omniprésents dans les autres universités (et qui ont lancé le mouvement dans ces endroits), n’étaient pas dans la lutte, et leur faible présence en tant que professeurs était en partie contestée.
Les syndicats et autres organisations bureaucratiques eurent très peu de poids dans l’occupation ou ne sont pas là en tant que tels, il y avait des tensions avec eux et les professeurs  ; en fait, il y avait surtout des étudiants non “organisés” qui participaient au mouvement  ; et aussi quelques non-étudiants.
Les AG, au cours du moment fort, étaient de deux par semaine et divisées en thème (bilan, débat, action) ; elles étaient souvent le lieu d’un spectacle auquel participaient allègrement syndicats, et organisations. Elles mettaient en évidence la scission entre mobilisés (environ 30 occupants) et les autres (environ 17 000 étudiants) — il était question de grève active ou passive — et, du coup, posaient la question de l’existence véritable d’un mouvement sur la fac.
La question des médias non en lutte et de leur présence fit beaucoup de débat. Ils étaient refoulés par la plupart des mobilisés mais plutôt acceptés par les AG.
Lors de l’occupation étaient organisés des projections/débats, une cuisine, un point information, une bibliothèque de grève, des soirées (discussions, réunions, concert...) et quelques piquets de grève ont été tenus très hasardeusement.
Quelques actions furent faites (rassemblements, blocages, occupations, tractages [lycées, CAF, poste, SNCF...], manifestations [avec une volonté de les détourner]), mais la plupart entrait dans une logique spectaculaire, superficielle.
Contre la grève et les grévistes, la répression au sein de la fac a sévi à coup d’interdiction de campus (pour menace de désordre), de plaintes non nominatives et nominatives (dégradations, vols, menace de mort), de pressions des vigiles, professeurs, administratifs et autres larbins de l’université bourgeoise ; il y a eu aussi l’évacuation de l’occupation avec tabassages et arrestations par la police dans la nuit du 12 au 13 mars dont le motif-officiel-mensonge-administratif fut les dites dégradations commises.
En réponse, plusieurs brèves occupations de l’administration eurent lieu contre la répression sur l’université.
Divers textes ont été écrits ; les plus intéressants sont ceux critiques sur la grève dont trois journaux (Spectacle et Culture 1 & 2, et Crève étudiant-e).
L’AG du 26 mars vote le déblocage de la fac, celui-ci intervient après le boycott d’un référendum de la présidente ayant pour but le déblocage.
Outre ce fait, les examens, les vacances, la répression, la lassitude et l’épuisement auront à nouveau renvoyé tout le monde dans sa merde quotidienne et dans l’anonymat du capitalisme.
Des brèches d’espoir se seront créées néanmoins et des gens se seront quand même rencontrés — même s’ils n’y a pas eu beaucoup de nouvelles têtes par rapport au précédent mouvement. C’est toujours ça de pris et il s’agit de la seule victoire de ce mouvement (comme de la plupart des grèves en général).