Accueil du siteles bulletinsbulletin n°1 |     Plan du site                                                                 |contact|

Rafles des villes,... rafles des champs

L’éloignement des étrangers en situation irrégulière” a été désigné comme objectif prioritaire du gouvernement (25000 expulsions l’an dernier), et les pouvoirs publics ont entamé une véritable chasse aux sans-papiers.

Chaque semaine, de véritables rafles ont lieu dans les quartiers populaires de Montpellier, de Nîmes, de Béziers, de Sète et de toute les métropoles françaises : des policiers ratissent les rues, les cafés, les gares, et contrôlent les papiers des personnes qui leur paraissent étrangères. On ne compte plus les arrestations devant les écoles, les interpellations de travailleurs au petit matin, les descentes de police dans des campements roms...

A Montpellier, le tram et certaines lignes de bus sont devenus des cibles inévitables pour ces actions policières. Face à cette situation, des habitants du quartier Figueroles se sont réunis et ont manifesté contre les contrôles au faciès incessants et la criminalisation de leur quartier... Le nombre d’étrangers placés dans les centres de rétention véritables prison pour sans-papiers (tels ceux de Sète et de Nîmes pour la région), est en net augmentation, et les expulsions se multiplient.

Le projet d’augmentation du temps de rétention, et les conditions de vies insupportables dans ces centres surpeuplés font que, depuis décembre dernier, des sans-papiers se révoltent à l’intérieur ; ils refusent de rentrer dans les « chambres », d’être comptés ou de s’alimenter, à l’extérieur aussi, rassemblements et manifestations se succèdent.
La pression du chiffre fixée par le gouvernement et son ministère de l’Identité nationale, encourage ces pratiques policières qui ne s’arrêtent pas aux portes des villes.
A Pont d’Hérault, une femme et ses trois enfants, qui vivent depuis plus de deux ans en Cévennes, on dû fuir cet hiver face aux gendarmes venus les arrêter chez eux puis à l’école où sont scolarisés les enfants. En effet, la préfecture du Gard leur avait adressé une obligation immédiate de quitter le territoire et ce, malgré une demande d’asile politique pour les persécutions dont ils sont les victimes dans leur pays d’origine. Sur l’impulsion d’élèves et de parents d’élèves, la solidarité s’est organisée, une pétition a circulé et une manifestation a réuni une centaine de personnes devant la sous-préfecture du Vigan. Cette mobilisation a abouti à la régularisation de cette famille, nous apprenant ainsi au passage qu’un sous-préfet sous pression peut régulariser quiconque de son propre chef...
Cette tentative d’expulsion est malheureusement loin d’être isolée dans le secteur des Cévennes et, ici comme ailleurs, il y a des moyens de résister aux arrestations et aux expulsions ;

- en constituant des réseaux téléphoniques (d’amis, de voisins, de parents d’élèves, de collègues, etc.) pour être le plus nombreux possible à pouvoir réagir rapidement en cas d’arrestation de sans-papier,

- en se mobilisant, en créant des comités de soutien, des réseaux de solidarités directes avec les étrangers en galère de papiers,

- en informant, en rendant visible aux yeux de tous la situation des sans-papiers...
La Coordination des sans-papiers de Montpellier est contactable sur : http://soutienauxsanspapiers.hautetfort.com, une brochure « s’organiser contre les expulsions, que faire en cas d’arrestation » est téléchargeable sur http://sanspapiers.winterhost.org, ainsi qu’une chronologie de la lutte de ces derniers mois dans les centres de rétention sur indymedia nantes.
Des papiers pour tous, sabotons la machine à expulser.