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Avant c’était beau, y’en avait partout !
St-Martin-de-Boubaux : destruction du massif de la Vieille Morte

Quand nous avons appris l’imminence des travaux d’ouverture du chemin forestier, le temps de diffuser le tract ci-contre pour alerter la population, d’interpeller en vain le conseil municipal pour demander une réunion publique avant le début des travaux, le chemin était déjà terminé.
Face à l’opposition naissante, le maître d’ouvrage (commune de St-Martin-de-Boubaux) a joué la montre et le passage en force. Au rythme d’un kilomètre par jour, en travaillant même le samedi jusqu’à la nuit. C’est une pelleteuse de 44 tonnes qui a tout pété sur son passage dans un massif encore vierge (le seul qui restait dans la vallée du Galeizon).
Après la parution du deuxième tract faisant part de notre écoeurement, le collectif né à St-Martin-de-Boubaux est rejoint par des opposants de St-étienne-Vallée-Française (dont plusieurs élus) qui, non prévenus et sous le choc des massacres, commencent à s’organiser. Le chemin est alors presqu’entièrement réalisé, mais il reste les travaux d’élargissement de la voie communale de St-étienne-V.-F. qui menacent de destruction un site de toute beauté particulièrement apprécié des riverains et des promeneurs. Suivent alors, un premier blocage du chemin et une rencontre avec le maire de St-étienne qui, devant la colère de ses administrés, demande l’arrêt des travaux. Un deuxième blocage suite à une tentative de reprendre les travaux quelques jours après l’initiative du maître d’ouvrage. Puis, deux rencontres en préfecture, dont une boycottée par une partie des opposants invités à la dernière minute par le sous-préfet. On apprendra donc (sans surprise) le soutien du représentant officiel de l’État au projet — cependant que sa conformité même aux lois est plus que douteuse et risque fort d’être impossible à établir par les responsables de cette sinistre opération. On apprend accessoirement que les ruisseaux et rivières de Mont Lozère et des Cévennes sont pollués à l’uranium, au plomb, à l’antimoine... charmant.
Une nouvelle rencontre est alors organisée sur place entre les élus, les caciques de l’ONF, l’ALEPE (association de protection de l’environnement) et le collectif d’opposants. Elle aboutit à une discussion stérile, le maître d’ouvrage se cramponnant à l’idée de réaliser à tout prix un ouvrage permettant le passage de grumiers de 38 tonnes. Ce à quoi bien sûr nous nous opposons avec force. à ce jour donc, suite au maintien de la décision d’arrêt du Maire de Saint-étienne-V.-F. et à l’engagement du maire de St-Martin-de- Boubaux de respecter cette décision, les grumiers ne peuvent pas circuler sur la piste. Mais les élus et l’ONF cherchent à contourner le problème. Ils ont fini par organiser une réunion publique à St-Martin-de-Boubaux le 18 avril (soit plus d’un mois après la fin des travaux) pour tenter de justifier devant une salle bien pleine, et fort critique, le massacre annoncé de la forêt au nom de la rentabilité économique tout en jetant de la poudre verte (Biosphère, Agenda 21, Natura 2000...) aux yeux de la population pas si dupe que cela.

Au-delà des caciques locaux, c’est bien l’intensification et d’industrialisation de l’exploitation forestière qui est en cause. La fameuse filière bois-énergie est vorace en matière première et infrastructures routières et industrielles. L’argumentation de l’éradication du pin maritime (invasif, acidifiant, facteur d’incendie) tombe d’elle-même puisque les filières industrielles sont destinées à traiter les résineux. Pour trouver des débouchés, agriculteurs et propriétaires seront condamnés à planter des résineux.

Tout au plus y gagnera-t-on quelques prairies, mais comment et pourquoi les entretenir en l’absence de troupeau. Les petits élevages locaux subissant eux aussi l’industrialisation de la production sous forme de normes toujours plus contraignantes et coûteuses qui font à la longue plier boutique à nombre de petits producteurs.
Il est plus que temps de se mobiliser (et pas seulement à St-Martin-de-Boubaux ou à St-étienne-Vallée-Française) pour faire reculer cette politique qui mène à la destruction de nos ressources naturelles et de mettre en oeuvre ensemble un autre avenir pour nos enfants, pour nos vies, pour ce pays rude et magnifique chargé d’histoires de liberté.

Un incontrôlé incontrôlable de la brigade des truites et des bolets en colère