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Financement public, forêt saccagée, rivière détruite

Qui, parmi vous, est informé de l’ouverture imminente d’un chemin communal d’exploitation forestière sur le flanc du massif de la Vieille Morte, du col des Cabasses jusqu’au col de Prentigarde ?

Le sempiternel prétexte avancé par les responsables de tels projets est la nécessité de lutter contre l’invasion des pins. Or, le motif d’ouverture de ce chemin est plus sérieux : l’exploitation du bois.

Car c’est bien sur le flanc nord de la haute vallée qu’il y a le moins de pins et qu’ils se tiennent à leur place sur les crêtes, les pentes étant en grande partie occupées par de la futaie de châtaigner, beaucoup plus rentable à exploiter...

Les coupes à blanc effectuées seront un désastre pour l’écosystème de la vallée. Cette zone particulièrement riche en faune et en flore abrite de nombreuses variétés de champignons, dont la cueillette régale les amateurs et offre même un revenu d’appoint aux agriculteurs et habitants.

La zone du massacre planifiée se trouve cette fois juste au dessus de la source et du cours supérieur du Galeizon.

L’érosion provoquée par l’ouverture du chemin d’exploitation et des coupes à blanc entraînera dans les cours d’eau ( Galeizon et Riou de prade) d’énormes masses de terre et d’éboulis provoquant la destruction par colmatage de l’habitat, des frayères de la truite fario et du barbeau méridional qui est, ne l’oublions pas, une espèce protégée,... mais par qui ?

Sachant que la commune de Saint-Martin-de-Boubaux est commanditaire (maître d’ouvrage) auprès de l’ONF (maitre d’oeuvre), il n’est pas difficile de faire le lien entre ce projet et les intérêts des propriétaires de parcelles boisées rendues alors exploitables (voire ultérieurement urbanisable), des scieries, des projets municipaux de chaufferies aux copeaux de bois, et la discrétion exemplaire des autorités locales à ce sujet.

De plus, l’important investissement de fonds publics dans la création de ce chemin nécessitant dynamitages et déplacement de milliers de tonnes de roches, ne sera probablement jamais rentabilisé par l’exploitation forestière. Suite à la tempête dans le sud-ouest, de grandes quantités de bois vont venir saturer le marché et feront encore chuter le prix du bois.

Dans la période diffìcile que nous vivons, le choix d’un tel gaspillage de fonds publics associé au désastre écologique engendré est-il responsable ?

Cette situation n’est malheureusement pas isolée, de tels projets existent et progressent dans toutes les Cévennes. Ils correspondent aux axes de développement (bois, tourisme, télé travail) portés par les institutions tant étatiques qu’ associatives ou privées : Parc National, ONF, Forêt Privée, Chambre de commerce et d’agriculture, Associations de promotion du tourisme, élus locaux. Sous le masque du développement durable, et avec des appellations de bonne conscience comme Biosphère, Natura 2000, ou Agenda 21, c’est encore l’accumulation du capital par la réalisation de la plus-value foncière qui est à l’oeuvre, jusqu’à la marchandisation des derniers espaces de vie sauvage où nous avons choisi de vivre et qu’il faut absolument préserver.

Nous laisserons-nous déposséder une fois de plus ?

Quelques incontrôlés de la colonne des truites et des bolets en colère