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Malade, complètement malade...

Mende. 6 novembre 2008. Dénoncés par la direction des fraudes, un couple d’acupuncteurs est condamné par le juge Fouqueteau pour « pratique illégale de la médecine ». Ce qui leur est reproché ? Avoir procuré des soins (en les déclarant à l’administration) après avoir étudié pendant dix ans la médecine chinoise (ils sont diplômés de l’université de Shangaï). Avoir en poche un diplôme d’une faculté de médecine conventionelle (allopathie) leur aurait par contre permis d’exercer l’acupuncture en toute légalité...
Marvejols. 1905. Pierrounet, cantonnier et rebouteux à Nasbinals (Aubrac) est assigné au tribunal par les médecins officiels, jaloux de son succès, pour « exercice illégal de la médecine ». Pour sa défense, il lâche un agnelet tombé d’un rocher dans le palais de justice et défie ses plaignants de le soigner. Ceux-ci refusent, affirmant que la bête est trop mal en point. Manipulant consciencieusement ses membres, Pierrounet fait en sorte que l’agnelet gambade autour de la salle d’audience.
Vichy. 1941. Une loi est votée par le gouvernement pour interdire le métier d’herboriste. Cette loi est encore en vigueur aujourd’hui. La commercialisation des plantes médicinales est réservée aux seuls labos pharmaceutiques. En Cévennes, notamment, des producteurs de prêle ont été condamnés (en novembre 2005) avant d’être relaxés en appel... Mais la répression est toujours une menace réelle.

Guérisseurs-euses, rebouteux-euses, herboristes, sorciers-ères... et autres adeptes des “ médecines alternatives ” (phytothérapie, aromathérapie, apithérapie...), l’Etat et sa justice ne nous le diront jamais assez : pour pouvoir exister, nos savoirs et nos savoir-faire doivent être rentables, nous devons devenir « spécialiste », respecter le cadre réglementaire, avoir des diplômes et un cabinet, être enregistrés.

Les laboratoires, quant à eux, font du lobbying auprès des médecins officiels pour accroître les ventes de leurs nouveaux médicaments, laissant le soin à l’humanitaire d’écouler les fonds de stock, avec l’aval des institutions.
On vend et on fait vendre, quitte à mettre sur le marché de véritables poisons dont on ne perçoit les méfaits que des années plus tard. C’est le cas, entre autres, du Distilbène [1], commercialisé pendant une trentaine d’années, et dont la justice et la médecine peinent aujourd’hui encore à reconnaître les incidences sur les générations d’après. On oblige notamment les gamins scolarisés à être vaccinés avec des substances parfois dangereuses et qui perturbent le fonctionnement des défenses naturelles  [2].
Pour les « professionnels de santé », au premier rang desquels les moins biens payés (agents hospitaliers, aide-soignants, infirmières) la cadence de travail ne va qu’en s’accroissant, les conditions de travail en empirant. Les patients ne sont que pièces à la chaîne. Les riches, eux, peuvent toujours aller se soigner dans des cliniques privées.
Comme dans d’autres domaines, soi-disant pour éviter les fraudes, le contrôle s’accroit. Sous prétexte de réduire le déficit de la sécurité sociale, l’Etat nous flique toujours plus. Avec la Carte Vitale, la moindre gastro-entérite est enregistrée, informatisée, fichée. La deuxième génération de ce mouchard, personnalisée avec photo, est munie d’une puce avec espace de stockage plus important (32ko) et un dispositif RFID  [3] ; l’entreprise Gemalto qui la fabrique a réalisé d’importants profits. Afin d’éviter que la carte soit oubliée, il est déjà envisagé de mettre en place une puce sous-cutanée. Il faut ficher, surveiller... pour éviter d’éventuels « arrêts maladies de complaisance ». Ficher pour servir les intérêts des banquiers, assureurs et autres employeurs qui, une fois renseignés, ne prendront pas de « risque » avec des personnes ayant de graves problèmes de santé.

Mais, au juste, qui sont les charlatans ? Qui sont les marchands de mort ?
Ceux qui prennent une tisane de millepertuis ou de valériane de temps en temps ? Ou bien ceux qui maintiennent des populations entières en léthargie à grand renfort d’anxyolitiques, neuroleptiques, antidépresseurs, etc.
Le guérisseur du village en Afrique qui connaît les usages de l’arbre, mais qui ne trouve plus personne à qui transmettre ses savoirs, les mentalités étant toutes tournées vers le capitalisme et ses nouvelles technologies ? Ou bien ceux qui installent en pleine brousse des dispensaires pour distribuer des cachets périmés contenant des molécules de synthèse issues d’une recherche sur ce même arbre...

On ingurgite chaque jour une bouffe insipide, riches en pesticides et antibiotiques plus qu’en éléments nutritifs. On respire l’air pollué des industries. La radioactivité, issue des centrales et des zones de stockage des déchets nucléaires, se répand partout. Le système dans lequel nous sommes contraints d’évoluer nous pousse à l’isolement, au repli, au chacun pour soi, nous aliène dans des rôles et fonctions sociales plus subis que choisis, flique nos moindres gestes, étudie nos moindres sautes d’humeur. Et... si l’on « tombe malade », il faut aller glaner quelques tunes pour aller voir leurs médecins (poussés à faire du chiffre pour les labos et des économies à la sécu), bouffer leurs médocs qui nous empoisonnent encore un peu plus.
Si l’on « pète un câble », il faut encore se taper leurs psys, avant peut-être de finir à l’hôpital psychiatrique dans un de ces « cachots médicaux », bientôt vidéosurveillés et équipés de GPS  [4], où la camisole chimique empirera notre état, nous rendant inertes et dépendants. Au final, nulle chance de mourir en paix ou au moment désiré, l’acharnement thérapeutique est de rigueur.

Monopole du pharmaco-chimique oblige, le recours aux « médecines alternatives » est réservé à ceux qui ont les moyens de se les payer. Elles ne constituent donc qu’un marché parallèle pour les amateurs de « santé au naturel », et de fructueux profits pour les entreprises qui investissent dans les « thérapeutiques alternatives »  [5]. Les connaissances sur les utilisations des plantes, des minéraux, des produits de la ruche, etc., devraient au contraire se diffuser, être accessibles à tous pour être adaptées à ce dont chaque individu a personnellement besoin. En plus des moyens de guérison, nous devons nous reprendre en main, en sortant d’un contexte social qui nous aliène et nous fait suffoquer.
La médecine bourgeoise nous dépossède de nos corps, de nos moyens de guérison, en instituant la doctrine pharmaceutique et psychiatrique et en introduisant des séparations entre l’individu, son mental et son anatomie. La santé devient une affaire de spécialistes, de plus en plus éloignée de notre quotidien. Au lieu d’être à l’écoute de notre corps, on fait aveuglément confiance à la science médicale. Pour pallier à tous nos maux, à nos « malformations », qui sont le plus souvent les conséquences de la société elle-même, leur propagande veut nous faire croire aux progrès de la recherche. Celle-ci n’est qu’un maillon de plus de ce système, cherchant seulement de nouveaux marchés et bénéfices à engranger sur le dos des patients qui en deviennent les cobayes volontaires. La commercialisation d’une nouvelle drogue légale permet de financer les recherches pour la prochaine. La Science ne se soucie que de voir ce qui est « techniquement » rafistolable. Elle ne définit le corps plus que comme standard, élément contrôlable et identifiable. Chaque symptôme, chaque pathologie, sont détachés de l’individu et du contexte social dans lequel il évolue, pour être rangés dans une des cases du code scientifique. Dans les laboratoires, où sont parfois stockés tous les virus du monde en éprouvettes  [6], la maladie devient défi industriel. En prétextant œuvrer pour le bien-être de tous, en se camouflant derrière une prétendue « éthique », les chercheurs en « biotechnologies » se permettent d’expérimenter à grande échelle, n’hésitant pas à manipuler (voire à breveter) les bases même du vivant  [7].

Ne les laissons plus nous déposséder de nos existences et de nos corps. Rapproprions-nous les savoirs qui y sont liés  ! Mettons un terme au pouvoir des labos, réduisons à néant cartes vitales, cachetons et asiles  !

 

[1]  Médicament dont la molécule, le DES, découverte en 1938, est une hormone de synthèse (oestrogène non-stéroïdien) commercialisée de 1948 à 1977 (notamment en France, mais aussi en Angleterre, Etats-Unis, Pays-Bas...) pour les femmes enceintes, afin de prévenir d’éventuelles fausses couches. La prise du médicament a de nombreuses conséquences chez les enfants dont la mère ou même la grand-mère a ingurgité le poison  : malformations et anomalies génitales (chez les femmes comme chez certains hommes), développement de cellules cancéreuses, etc. D’autres médocs ont ainsi été retirés de la vente après moult non-dits (Vioxx contre l’arthrose, Saltor contre le cholestérol, Acomplia contre l’obésité, médocs contre les maux de gorge contenant des antibios, Ezetor, Eucalcic, etc.).

[2] Pour en savoir plus sur la dangerosité des vaccins, du lobby qui les encourage et des dissimulations qui les accompagnent, on peut notamment consulter les livres Vaccination, je ne serai plus complice, du Dr Jean Méric ou Les Vaccins sont des poisons, du Dr Christian Tal Schaller.

[3] Le dispositif RFID (pour Radio Frequency Identification Device) équipe des puces qui contiennent des données pouvant être lues à distance. Pour empêcher l’émission des ondes, on peut par exemple recouvrir entièrement sa carte vitale d’aluminium, créant ainsi une cage de Faraday.

[4] Nicolas Sarkozy a annoncé le 2 décembre 2008 un plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques de 70 millions d’euros. Les patients hospitalisés sans leur consentement seront équipés d’un dispositif de géo-localisation. Chaque asile sera doté d’au moins une unité fermée vidéosurveillée, 200 chambres d’isolement à sécurité renforcée seront créées...

[5] Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le marché des « médecines non-conventionnelles » est « non seulement considérable mais en hausse rapide ». « Le marché mondial des médicaments à base de plantes est estimé à environ 60 milliards de $ US par an ». Dans l’humanitaire aussi, le marché tend à se développer.

[6] C’est le cas du Centre Merrieux à Lyon. A Alès, la société Mabgène héberge une banque (ou « culture ») de cellules vivantes destinées au clonage pour la thérapie cellulaire.

[7] L’OMS estime à 47 milliards de dollars la valeur des variétés végétales en provenance des pays « en développement » utilisées dans l’industrie pharmaceutique : les firmes y pillent les savoirs en même temps que les ressources naturelles et brevettent les gènes des plantes qui les intéressent. Dans le cadre de recherches sur le cancer, la leucémie, l’obésité ou l’accouchement, des gènes humains (ou plus exactement la structure chimique qui les composent) ont été brevetés. Concrètement, les brevets permettent plus de profits aux entreprises (monopole) et engendrent des médicaments plus chers.