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Cristina, Edvige, Ardoise, Fnaeg, et les autres......

Le gouvernement a pondu récemment un décret modifiant le fichier Edvige en fichier Edvirsp, qui excluerait désormais le recensement des personnalités politiques, syndicales ou religieuses, et toute mention sur la sexualité ou la santé, mais concernera néanmoins toute personne susceptible de « porter atteinte à la sécurité publique », c’est à dire tous ceux qui tenteraient de s’insoumettre à l’ordre économique, moral et social, et ce dès l’âge de 13 ans. Le 16 octobre, jour de la sainte-Edvige, 150 rassemblements ont été organisés dans différentes villes de France pour s’opposer au fichage, et notamment à la mise en place de la nouvelle génération des fichiers de police et de renseignements. A Mende, une trentaine de personnes se sont réunies devant la préfecture où elles ont diffusé le texte suivant :

Tirons des leçons des erreurs du passé
Pour se maintenir au pouvoir et étouffer toute velléité de révolte, les régimes dictatoriaux recourent à la violence et au contrôle de la population. Sur ce modèle, sous prétexte d’une lutte contre le terrorisme et l’insécurité, la France est engagée depuis une quinzaine d’années dans un processus de dégradation des libertés publiques et individuelles.

L’industrie de la peur
Notre société remplace le pacte social par la peur. Prenant prétexte de chaque fait divers amplifié par les médias, le pouvoir instrumentalise la peur et le malheur des personnes pour durcir la répression, les lois et le contrôle renforcé sur une partie de la population : jeunes, pauvres, immigrés... Mais qu’est-ce que le « contrôle renforcé » sinon la discrimination, l’exclusion, la cause même de l’injustice et de la violence que l’État prétend combattre ?

Généralisation de la « prévention répressive »
La situation s’est particulièrement dégradée depuis 2002, loi sur la prévention de la délinquance, qui privilégie la punition à l’éducation. Certains articles s’inspirent de l’eugénisme en visant à déceler, dans les classes défavorisées, le caractère « déviant » des enfants dès 3 ans ! Il existe plus de 40 fichiers occultes ou avoués en France, la plupart illégaux. Le pouvoir actuel tente d’en légaliser plusieurs. Citons :
FNAEG – fichier national automatisé des empruntes génétiques – fichage par prélèvement d’ADN qui ne concerne plus uniquement les délinquants sexuels mais tous les délinquants à l’exclusion de la délinquance financière, et dans l’amalgame, les réfractaires à cette société  : jeunes des quartiers populaires, manifestants anti-CPE, faucheurs d’OGM, squatteurs, anti-pub, pétitionnaires, syndicalistes...
STIC – système de traitement des infractions constatées – gère 5 millions de personnes, y compris de simples suspects.
EDVIGE –exploitation documentaire valorisation de l’information générale– devenue EDVIRPE, contiendra des données à caractères personnels (fréquentations - fichage possible sur simple relation avec une personne visée par ce fichier !-, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, et autres appartenances syndicales et associatives) et concernera dès 13 ans (en totale ignorance donc puisque les mineurs n’auront aucun moyen d’accès à ces informations les concernant)  :
* toute personne « ayant sollicité ou exercé un mandat politique, syndical, économique ou jouant un rôle institutionnel, économique, social, religieux significatif », c’est-à-dire tous les acteurs de la vie de la cité  !
* ainsi que quiconque considéré par la police comme simplement « susceptible à l’avenir », et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à l’ordre public, c’est-à-dire tout le monde arbitrairement  !
CRISTINA – centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux – censée surveiller les mouvements subversifs, sera utilisé par la DCRI (direction centrale du renseignement intérieur), fusion de la DST et RG, qui passera de 2000 à 4000 policiers et qui aura comme mission la surveillance des communications électroniques et radioélectriques. L’opacité la plus complète règne sur le fonctionnement de ce fichier, qui apparaît comme aussi arbitraire et plus dangereux encore que le précédent. Il n’est soumis à aucun contrôle de la CNIL (commission nationale informatique et liberté).
ARDOISE répertorie les infractions et leurs auteurs supposés.
En plus de tout ce fichage, la vidéo surveillance est démultipliée, le prélèvement ADN prétend s’étendre à tout témoin, c’est-à-dire potentiellement à tous, et voici que la biométrie et les nano-technologies s’introduisent jusque dans les écoles. Que prétendent-ils faire à nos enfants ? Que reçoit-on en échange quand notre vie privée et notre liberté nous sont volées ? Toujours plus de contrôle social, mais dans quel but  ?
Si cet arsenal sécuritaire représente une manne pour les industries florissantes de la peur, pour nous tous, c’est l’entrée dans l’ère du totalitarisme qui se joue dans cette décennie.
Pour toutes ces raisons, l’observatoire des atteintes aux libertés publiques OALP48 exige le retrait des lois dites de prévention de la délinquance ainsi que les fichiers EDVIRP, CRISTINA, ARDOISE et consorts qui constituent une dérive d’un pouvoir ayant peur de son Peuple.

Observatoire des attentes aux libertés publiques (48)