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Ou sont vos choix ? Quelles sont vos intentions ?
Plan vichy pirate à Florac, toujours plus de flics, toujours plus d’injustice. Vive l’État policier !

Dans le silence éprouvant des pantoufles résonne le triste écho des matraques serviles de la démocratie.

Jeudi 24 juillet de l’an Sarkozy 2008, je suis au marché de la belle et paisible cité de Florac en Cévennes, je flâne paisiblement entre les stands fort bien achalandés de ces si typiques produits locaux quand soudain vers 11h15 surgit à l’orée du souk une bande de trublions très motivé(e)s.

En ce jour de foire marchande, ils et elles viennent exprimer une colère toute fraîche, en manifestant avec des cartons et des tracts d’informations, pour rendre comte à la population des événements récents dont ils ont été acteurs. En effet, l’avant-veille, mardi 22, ces paysans sans terres se sont fait expulser du lieux qu’ils occupaient, sans droits ni titres, depuis un an et demi. Non content de les expulser avec violence (coups de matraques, chiens, menottes ultra serrées pour faire mal...), les nervis du capital (qu’on appelle plus couramment les gendarmes, les bleus, les poulets etc.) se sont attardés avec haine sur les jardins potagers, piétinant avec rage les légumes, cultivés aux prix d’effort considérable, comme toute personne ayant fait du jardin en Cévennes peut l’imaginer. Au delà de la haine de classe que suscite naturellement, en moi, les comportements fascistes des gendarmes, je voudrais juste revenir sur les suites qui furent données à cette manifestation légitime :

Que s’est t-il réellement passé ? Une paire de protestataires a jeté son dévolu sur une agence de spéculation immobilière, dont le propriétaire est aussi responsable de l’office de tourisme local. Les paysans sans terres ont investi les locaux et mis la main sur toutes les annonces de ventes affichées en vitrine. Ils ont demandé aux secrétaires présentes de photocopier des tracts, puis ils ont symboliquement muré l’entrée avec des cartons, sur lesquels étaient inscrits des slogans vengeurs comme : « non aux expulsions ! » et autres « non à la spéculation immobilière ! ».

Ce jeudi 24 juillet il ne s’est donc rien passé de bien méchant à Florac.

Certes l’intrusion de quelques paysans sans terres en cette antre de la spéculation a provoqué la peur chez les employées, ce qui, je l’admets sans détours, est regrettable. Ces dernières, apparemment sous le choc, ont quand même eu la force de rédiger une pétition en faveur de la loi et l’ordre, suivit d’une réunion express à la mairie, pour confirmer la nouvelle orientation sécuritaire des élus Floracois sous la tutelle de l’Etat UMP.

Les effets de cette réunion de nazes se sont vite fait sentir : instrumentalisant le choc traumatique (god ! Ils veulent des photocopies, et des terres à cultiver à moindre coût !) des esclaves salariées de l’agence de spéculation immobilière, une poignée de notables alliés à une pincée de peignes-cul de la préfecture et un zeste d’élus sarkozystes de gôche a mis au point une riposte impressionnante, qui pourrait s’intituler ainsi : « de la branlette vaine en milieu politicard ».

Comité de pilotage sur la question du logement. Bande de trous du cul ! C’est des terres que les paysans sans terres réclament et non des logements de merde !

Putain ! Ils comprennent vraiment rien aux problèmes de cette société de malheur ces tocards de politicards.

Parce qu’il fallait voir le deuxième volet de leur riposte à ces crétins de lepénistes de gôche : Des gendarmes, des gendarmes, encore des gendarmes, des gendarmes à en dégueuler tellement il y en avait. A pieds, à cheval, en voiture, les gendarmes, bien inspirés, vinrent pour tenter l’aventure, mais personne pour les démonter. Car contrairement à la chanson, il ne s ’est rien passé sur ce marché de Florac, en ce jeudi 31 juillet. Le plan vichy-pirate a parfaitement fonctionné, force est restée à la loi et l’ordre capitaliste règne à Florac comme à Moscou ou à Pékin.

L’apathie demeure la règle, la soumission un leitmotiv, et cette hâte à signer une pétition réactionnaire témoigne d’un engouement certain pour une logique policière et capitaliste de la vie sur terre. Une logique de la guerre des puissants contre les miséreux dans laquelle les manipulateurs ont eut l’intelligence de s’aliéner les soutiens signataires de quelques naïfs. Ici, une fois encore, le silence des pantoufles se mêle aux bruits des bottes, aux cliquetis des serrures, aux peurs sécuritaires, à l’égoïsme latent que l’on pourrait croire endémique tellement il semble gravé jusque sur les linteaux de vos demeures. Mais vous qui signez sans penser aux lendemains, à ce qui pourra être fait de votre signature, à ceux qu’elle sert désormais, à l’occupation militaire de notre petite ville qu’elle justifie et soutient de fait, étouffant à jamais toute velléités de rébellion juste. Vos émotions manipulées, détournées, et utilisées à des fins politiciennes se retourneront très vite contre vous car aujourd’hui, nul ne respecte, car nul ne peut respecter les lois des codes, et cela pour la simple et bonne raison que ces lois sont pensées et écrites pour asservir le pauvre et protéger le riche. Les gendarmes, comme les policiers sont les chiens de garde du respect obligatoire de ces lois. Dragons du roi traquant les insoumis, ils sont détestés de tous mais hypocritement louvoyés par d’aucuns qui pensent de façons crédule s’offrir l’impunité que la relation avec ces cerbères armés est supposée leur octroyer... Pécaires !

Vive la liberté dans un monde sans papier ou chacun et chacune pourrait vivre sans autres contraintes que celles imposer par la vie sur terre. Pour que vive l’utopie de la révolution permanente, pour un monde sans argent, sans gendarmes et sans peurs, combien de siècles de veulerie nous faudra t-il encore supporter ?

Réclamer plus de gendarmes après une gentille manifestation de colère où le seul débordement a consisté en une intrusion sans violence, dans une agence de spéculation immobilière, pour y demander des photocopies, relève de la paranoïa sécuritaire qui depuis trop longtemps maintenant gouverne ce pays. Franchement, vous qui avez signé, assumerez-vous les conséquences de votre requête ? Quand ils viendront frapper à votre porte pour des histoires d’Urssaf ou de travail au noir. Quand ils vous aligneront pour défaut de ceinture ou autre futilité, vous serez les premiers à « gueuler » sournoisement votre révolte.

N’oubliez pas que le rôle premier des gendarmes c’est de faire respecter par la force les lois votées à Paris par les notables pour servir les intérêts des notables. Dans ce monde d’injustice, ce n’est pas de nervis armés dont nous avons besoin mais de justice et de solidarité. Quand une action de protestation contre la répression ne vous plaît pas, discutez en avant de vous jeter sur la première pétition lepeno-sarkozyste de gôche. De fins manipulateurs politiciens vous ont ouvert une porte et vous êtes entrés tête baissée dans leur arène pour jeter des pierres sur ceux et celles qui refusent bruyamment le sort de misère qui leur est fait. La collaboration de classe trouve des racines dans les premières pétitions en faveur de la loi et l’ordre policier. Des faubourgs de la commune de Paris (1871), à la révolution espagnole de 1936, jusqu’au Vel d’hiv, la gendarmerie française est historiquement une légion de mercenaires, contre-révolutionnaire, tout juste bonne à sabrer, mitrailler, matraquer le peuple en révolte, une armée de collaboration permanente avec les intérêts capitalistes du moment.

Choisir son camp, c’est déjà ne pas se rallier à l’Etat policier. C’est un bon commencement. Discuter, débattre, réfléchir, être solidaire serait tellement plus constructif que des gendarmes à tous les coins de rues !

Quand à la presse... misère ! En Lozère nous avons midi-libre et Lozère nouvelle, deux infâmes torchons à la solde du ministère de l’intérieur qui, en dehors des annonces et du programme télé, sont un exemple affligeant de manipulation mentale, dont Goebbels et Staline n’auraient pas eu à rougir. Du mensonge, de la désinformation, de l’intoxication même, voilà la ligne éditoriale de ces manges merdes, avatars débiles d’un journalisme de bidet, collés aux culs puants des pontes de la préfecture qui leurs fournissent clés en main des articles pauvret, dont le seul objectif est de maintenir le lecteur dans un état proche de la lobotomie. Et dire qu’il y des crétins pour croire tout ce qu’ils lisent dans ces ersatz de journaux ! L’esprit collabo ; de tradition française, règne en maître dans les cerveaux éteints de ces colporteurs de bruits de chiottes qui profitent à plein de leur monopole...

Écoutez les chants des nouveaux partisans. Regardez autour de vous en dépassant le seul périmètre de votre fratrie. Le monde doit changer. N’ayons pas peur des ruines. Nous portons un monde nouveau dans nos cœurs ! Allez va, fait pas la gueule, demain sera pire ! Sauf...

Vive la vie ! A bas l’État policier !

Une incontrôlée de la colonne des rêveurs.