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Fin de grève aux Taillades

La grève des ouvriers de l’usine-conserverie des Taillades (Gard), commencée le 5 juin, à l’annonce de la fermeture du site, s’est achevée le 9 septembre. La fermeture est le fruit d’une délocalisation vers l’Est (Pologne), comme se plait à le faire le patronat, pour satisfaire ses revenus.

A l’annonce de la fermeture, les ouvriers avaient immédiatement réagi en bloquant l’entrée au site, s’octroyant de fait, un moyen de pression sur la direction, en gardant prise sur stocks et machines.
Et pour pouvoir occuper les lieux 24/24 et mener la lutte : rédaction de tracts et d’affiches, organisation de divers événements, tels concours de pétanque, lotos, buvettes et repas collectifs. Ces derniers étant assurés la plupart du temps par la population locale. Sur un plan frontal, rassemblement à la sous-préfecture d’Alès, à l’arrivée d’une étape du tour de France à Nîmes, ou autres occupations, comme celle de l’inspection du travail à Alès. Bref tant de structures étatiques ou de symboles d’une course au profit dévastatrice que les ouvriers avaient ainsi ciblés.
Mais quand l’ouvrier s’organise pour saper les plans du bureaucrate, celui-ci peut compter sur sa dévouer flicaille. On sait qui tient les laisses de la meute : l’Etat et le Capital. La police existe pour que le pauvre le reste, et surtout pour que celui-ci ne soit pas un obstacle à l’enrichissement du bourgeois.
Alors qu’une confrontation, entre ouvriers et direction, devait se tenir à la salle municipale, la direction pris l’initiative de déplacer le rendez-vous sur le site, et par la même occasion d’inviter une vingtaine de ses sous-fifres. Peut-être avaient-ils l’intention de débloquer l’usine et de se débarrasser des vilains agitateurs ? A plusieurs reprises les grévistes supportèrent l’intrusion des flics avides de contrôles et de renseignements. Quatre d’entre eux sont d’ailleurs menacés d’une amende de 2000 euros pour occupation illégale du site.
Face à la puissance économique du groupe et au soutien militaire dont il bénéficie, le rapport de force est limité. La stratégie de lutte s’oriente donc de plus en plus vers les négociations  : la demande de revalorisation des indemnités de licenciement (2000 euros fixés par la direction) et la possibilité qu’un repreneur rachète le site. Demandes rejetées par la direction, qui sait très bien que ne rien lâcher au début est stratégique pour donner l’illusion de filer beaucoup après « négociation ». Refuser les revendications des ouvriers provoqua un joli feu de stock dans l’entrepôt.

Au final, le 9 septembre les ouvriers et la direction s’accordent sur une indemnisation de licenciement de 16000 euros, la part patronale de la mutuelle des ouvriers sera payée durant deux années, une compensation de salaire de 200 euros la première année et 100 pour la deuxième, enfin la possibilité qu’un repreneur rachète la conserverie est offerte.
Cette lutte ne représente pas une victoire sur la machine à exploiter, elle est cependant, l’exemple que c’est en luttant que l’on obtient des choses, dans le cas précis des compensations. Mais peut-on inlassablement lutter pour ce que daigneront laisser les bourreaux ?
Le cas des Taillades n’est évidemment pas un cas isolé. D’autres conflits d’actualité comme ceux des ouvriers de Goodyear à Amiens, d’ Airbus à Toulouse, de Doux à Locminé (Morbihan), du groupe Renault, des travailleurs sans-papiers et bien d’autres sont significatifs d’un ras-le-bol d’une situation d’exploitation, qui n’a que trop duré. Luttons contre ce monde et ceux qui en tiennent les rênes. Réapproprions-nous notre travail et nos vies. Ne nous défendons plus face au capitalisme, attaquons-le !!!