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Techniques de contrôle à Montpellier (Génétique et vidéosurveillance)

Montpellier est une ville amoureuse des nouvelles technologies et sous couvert du secteur médico-pharmaceutique, elle encourage la recherche en génétique (dont les applications s’étendent à l’agro-alimentaire et au fichage) et les techniques de contrôle. Le président de l’agglomération Georges Frêche, ancien mao, reste un amoureux de la Chine. Cela explique certainement que plus de 100 caméras filment les rues de la ville, une autre centaine pour les bâtiments de l’agglo, sans oublier la demi-douzaine par rame de tramway... Ajoutons enfin les centaines dans les commerces, souvent en toute illégalité car il faut normalement une autorisation préfectorale rarement demandée  : les entreprises d’installation se sentent autorisées à faire croire à leurs clients qu’un autocollant suffit... [1]

Nous allons voir que tout cela contribue à la prospérité de plusieurs entreprises locales. Ce n’est pas par hasard que le grossiste en produits de sécurité Exclusive Networks vient de s’implanter à Montpellier pour couvrir un territoire allant de Marseille au sud-ouest.

Le croisement montpelliérain entre les spécialités médicales (le plus grand centre de recherche de Sanofi-Aventis et le parc “ Euromédecine ” qui chouchoute les entreprises de biotechnologies) et agronomique (avec le parc “ Agropolis ” qui rassemble près de 2000 chercheurs) n’est pas pour rien dans le fait que l’Etat ait installé ici certains des meilleurs chercheurs du CNRS [2] en génétique. Penchons-nous plus précisément sur trois laboratoires, situés côtes à côtes à la jonction entre le CHU et le parc Euromédecine :
L’Institut de Génomique Fonctionnelle [3] est un laboratoire CNRS-Inserm-UMI-UMII [4] dont le programme majeur est l’étude du rôle et des mécanismes d’action des molécules de la signalisation impliquées dans les communications inter-cellulaires. Autrement dit, il s’agit de recherche fondamentale sur le fonctionnement de l’ADN. Sont concernées les maladies psychiatriques (dépression, schizophrénie, anorexie), les maladies neurologiques (neurodégénératives, épilepsies), les douleurs, les cardiopathies, le diabète et bien évidemment les cancers (hypophyse, cerveau, tractus digestif). C’est aussi à partir de ces recherches que certains pensent expliquer la délinquance. Parmi les chercheurs, signalons Joël Bokaërt, membre de l’Académie des Sciences depuis 2003 et Laurent Prézeau, médaille de bronze du CNRS.
L’Institut de Génétique Humaine [5] est un laboratoire CNRS qui abrite aussi des chercheurs de l’Inserm. On y trouve une plateforme de séquençage très performante, une plateforme moderne de préparation et d’analyse des biopuces entièrement automatisée, deux laboratoires confinés de haute sécurité L3, une animalerie transgénique moderne, un service de bio-informatique et un service d’iconographie. A ce stade, on n’est plus dans l’observation des mécanismes du vivant, mais directement dans les manipulations expérimentales. En termes humains, on remarque Marcel Méchali, membre de l’Académie des Sciences depuis 2005 et Frank Girard, médaille de bronze du CNRS.
Le Centre de Biologie Structurale [6] associe le CNRS, l’Inserm et l’INRA pour des applications autant humaines que végétales. Parmi les chercheurs, Michel Kochoyan a obtenu une médaille d’argent du CNRS et Gilles Labesse une médaille de bronze. On trouve aussi dans ces locaux NMRtec, une jeune société créée sur place pour commercialiser des services en Résonance Magnétique Nucléaire (RMN), une technique permettant d’observer les molécules dans leurs moindres détails. C’est par exemple ainsi que l’on va comparer les ADN de suspects.

L’agglomération de Montpellier n’est pas en reste pour aider les entreprises “innovantes”, notamment en offrant des assistances dans leur création et en les hébergeant. Cap Gamma et Cap Delta sont par exemple deux hôtels d’entreprises dédiés aux biotechnologies situés dans le parc Euromédecine. L’épicentre de ce système se nomme Cap Alpha [7]. Il s’agit d’une “pépinière d’entreprises” dédiée aux technologies et au secteur de la santé. C’est là que le CEEI (Centre Européen d’Entreprises et d’Innovation), conseille les jeunes pousses qui peuvent être hébergées sur place ou dans l’autre pépinière, Cap Omega. C’est par la grâce de cet organisme que l’Agglomération se vante d’aider votre entreprise tout en “respectant la confidentialité de votre projet“. C’est sans doute pour cette raison, et parce que 80% des entreprises accompagnées survivent (contre 56% de moyenne nationale) que le CEEI a été élu à Seattle meilleur incubateur d’entreprises du monde en 2007.
Parmi les entreprises hébergées à Cap Alpha, il y a par exemple RNA Works, qui propose conception, fabrication et commercialisation (sous forme de kits prêts à l’emploi), de réactifs chimiques pour la stabilisation et l’extraction de l’Acide Ribonucléique (ARN), une molécule produite par l’ADN qui code la production de protéines. On est donc au cœur des activités de manipulations génétiques qu’on va retrouver autant dans le champs de la médecine que de l’agro-alimentaire. Ainsi l’entreprise collabore scientifiquement avec le Centre Régional de Lutte Contre le Cancer, le CIRAD, l’IRD, l’INRA…

La deuxième pépinière, Cap Omega [8], est située de l’autre côté de la ville, au sein d’un immense quartier industriel appelé “Millénaire” où de jeunes pousses côtoient les géants de l’informatique IBM et Dell. Par ici, on ne jure que sur les “TIC”, technologies de l’information et de la communication, et c’est donc la spécialité de Cap Omega.
Ainsi, on va trouver Cortus qui fabrique des puces RFID (processeurs embarqués) de faible coût, hautes performances et basse consommation. Ceux-ci sont utilisés dans des champs d’application très larges tels que télécommunications, automobiles, sécurité, électronique grand public, électroménager, périphériques informatiques… Accompagné par le LIRMM9, Cortus a été lauréat du concours national du Ministère de la Recherche en 2005 et 2006. Une façon de récompenser la contribution de ce fabriquant à un monde de surveillance.
Monde façonné d’une autre manière par un second pensionnaire de la pépinière : LPR Editor. Cette entreprise développe pour sa part une nouvelle génération de systèmes de lecture automatique des plaques d’immatriculation. Cette technologie est utilisable notamment dans la détection des excès de vitesse, la sécurité des stations services et des parkings. L’entreprise compte également comme clients l’armée, la police, des filiales de grands groupes multinationaux...
Et ces deux-là ne sont pas seuls sur les marchés des caméras ou des radio-puces.

Dans l’Hôtel d’entreprises du Millénaire10, un autre bâtiment du quartier offert aux entreprises (qui ne sont pas ou plus en “incubation”), on trouve ainsi Dipo qui fabrique elle aussi des micropuces de radiotransmission de données (RFID), permettant le contrôle en temps réel et simultané de plusieurs centaines d’équipements, en particulier dans des applications comme l’inventaire continu de stocks, la surveillance en temps réel de matériels ou du personnel et le contrôle d’accès.

Dans un troisième bâtiment offert par l’agglomération dans ce quartier, l’Atelier-relais du Millénaire11, on trouve encore un spécimen de chaque spécialité, et pas des moindres. Coronis Systems propose ainsi des puces RFID qui se distinguent par leur longue portée, leur longévité et leur faible consommation d’énergie. Lauréate du concours “Création d’entreprises 2000” organisé par le Ministère de la Recherche, l’entreprise a reçu dès sa création l’aide de la pépinière Cap Alpha, puis celles de l’Anvar, de l’Arce, de la Drire, de fonds régionaux, de Banexi (Capital-risques) et de Business Angels. Les applications liées à cette technologie commencent par le relevé à distance des compteurs de gaz, d’eau ou d’électricité, la surveillance de la chaîne du froid dans l’agroalimentaire, le contrôle de l’eau (salmonelles), des températures d’étuves, des températures de stockage de médicaments, de poches de sang ou d’organes dans le domaine de la santé, le suivi des personnes qui ont besoin d’être localisées pour des raisons médicales ou de sécurité (dans des aéroports, des maisons de retraites, des hôpitaux…) ou bien lorsque des conteneurs doivent être automatiquement identifiés et localisés (dans des ports ou des entrepôts). Avec plus d’un million de produits vendus, l’entreprise se targue d’être n°1 mondial du secteur !
Quant au fabriquant de caméras, il s’agit de Cyberia, dont les produits ont pour particularités d’être miniatures, étanches, résistantes aux hautes températures et autres conditions extrêmes. Nous en avons par exemple une, de 4,4 cm de diamètre et étanche, répondant au doux nom d’”Adeline”. “Robby” est un robot de surveillance vidéo circulant sur deux filins d’acier et “Snoopy” un char d’inspection vidéo. Parmi les clients : EDF, Areva, Suez, le Commissariat à l’Energie Atomique, Alsthom, Cegelec, Pirelli, Michelin, France Telecom, Airbus, la Direction Générale de l’Armement, American Air Lines, General Electric…

Toujours dans le quartier du Millénaire (où nul ne sera surpris d’apprendre qu’il héberge également la caserne des CRS locaux), il ne faut pas manquer Telsud.12 Créée en 1990 à l’initiative de la municipalité de Montpellier, l’entreprise compte aujourd’hui plusieurs actionnaires institutionnels. C’est le site de télésurveillance le plus important du sud de la France, avec 1400 clients. Devant des écrans, ses techniciens se relaient 24h sur 24 pour surveiller 3600 sites (établissements bancaires, grande distribution, collectivités et administrations, stations services, PME-PMI, concessionnaires automobiles, bijouteries, transporteurs, chaînes de restauration, laboratoires et particuliers).

Pour compléter la chaîne de la vidéosurveillance, il faut remonter au nord de l’agglomération pour trouver tout d’abord STIM.13 En proposant de traiter numériquement les données envoyées par les caméras, en remplacement des magnétoscopes, l’entreprise a immédiatement séduit l’armée et les banques. La gamme de produits VIDEOVEIL répond à toutes les applications de vidéosurveillance où le traitement, le transport et l’enregistrement du son et de l’image sont nécessaires. Ses logiciels compatibles Windows permettent d’exploiter, contrôler et paramétrer vos machines à partir d’un PC. Vendant 200 machines par mois, elle compte par ailleurs comme clients les transports en commun (dont les tramways de Montpellier, Grenoble ou Dublin), des industries, commerces, parkings, villes…
Située non loin de là, Hymatom14 se présente carrément comme le leader national en matière de vidéosurveillance, forte de ses caméras vendues à plus de 500 exemplaires par an. L’entreprise a été récompensée par un trophée INPI de l’innovation pour la pertinence de sa stratégie de propriété intellectuelle. Le dernier produit en date, Speed Cam Zérolux, est une caméra mobile sous dôme équipée d’un zoom de rapport 26 et d’un éclairage infrarouge qui lui permet de voir dans le noir absolu. Une ville vidéosurveillée sur deux est équipée (Montpellier, Sète, Nîmes, Agde ou Beaucaire dans la région, mais aussi Dijon, Nancy, Asnières, Orléans, Amiens, Roubaix, Dreux et bien sûr les banlieues comme Les Mureaux, Evreux ou Vaulx en Velin). Parmi les clients il y a aussi le Ministère de la Défense, le Ministère de l’Intérieur, les sites nucléaires (CEA, EURATOM, ONU), des stades (Montpellier, Marseille, le Maracana (Brésil), Lyon, Paris, Bordeaux, Monaco…), des supermarchés, des gares, des hôpitaux, des banques, des musées (Château de Versailles, Cité de l’Espace, Caroussel du Louvre, Parc Astérix…), le Parc du Bourget, la Défense, des aéroports, des industriels (Elf, Eads, Rhône Poulenc, EDF, Thales, PSA, IBM, France Télécom, Nestlé...), des autouroutes…

Y’a-t’y pas de quoi être fier de sa ville ?

Brochure réalisée par nadarlana@no-log.org
disponible sur www.infokiosques.net

 

[1] MontpellierPlus 18/04/2008.

[2] Le Centre National de Recherche Scientifique a son siège montpelliérain et la plupart de ses locaux au 1919, route de Mende, entre les facs, les hôpitaux et les parcs Euromédecine et Agropolis.

[3] 141, rue de la Cardonille, 34094 Montpellier Cedex 5

[4] L’Université Montpellier I (UMI) comporte entre autres les UFR médecine et pharmacie, l’UMII regroupe les UFR Sciences.

[5] 141, rue de la Cardonille, 34396 Montpellier Cedex 5

[6] 29, rue de Navacelles, 34090 Montpellier

[7] Avenue de l’Europe, 34830 Clapiers

[8] Rond-point Benjamin Franklin, 34000 Montpellier