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Edito
Lorsqu’il instaura l’usage des ustensiles qui portent son nom, le préfet Poubelle n’imaginait pas qu’il venait de trouver l’emblème, le blason, de la société bourgeoise qu’il avait à charge de défendre.
Car, en effet, quelle meilleure allégorie pouvons-nous utiliser que celle de la poubelle pour évoquer le monde dans lequel nous vivons. Monde de la production forcenée où tout et tous ne sont que matières premières, facteurs de production, biens de consommation et finalement, déchets.
C’est à croire que tous ces siècles d’histoire, ces millénaires de culture, ces mécanismes d’exploitation et d’oppression si savamment ajustés, et tous ces monceaux de cadavres de récalcitrants sur lesquels il a fallu passer pour en arriver là n’avaient qu’un seul but : tout saloper.
La terre, l’eau, l’air, et jusqu’aux plus intimes des rapports humains, tout doit y passer afin qu’il ne reste plus qu’un amas informe et hétéroclite ; le mâchefer c’est le summum du progrès, soyons heureux de nous y conformer, même si c’est à coup de crosse, en attendant la prochaine vitrification.
Merci au préfet Poubelle, à ses collègues et à tous ceux qu’ils représentent, d’avoir donné un sens à l’humanité et d’avoir fait de ce vieux rêve de décharge mondialisée une étouffante réalité. Mais, ma foi, les poubelles ça brûle et tant qu’y a des briquets, y a de l’espoir.