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Grève à l’usine-conserverie des Taillades
La conserverie de la Compagnie du Mont-Lozère située aux Taillades (près de la Grand Combe) est en grève depuis le 5 juin suite à la déclaration de fermeture prévue pour le 15 juillet. France Champignon, son propriétaire, est majoritairement détenu par la société d’investissement Butler Capital Partners qui l’a acquis en 2004. Le même groupe avait privatisé en 2006 la Société Nationale Corse Méditerranée.
L’objectif de cette fermeture semble être la délocalisation de l’usine en Pologne où le groupe en possède déjà plusieurs. La direction a d’abord avancé des arguments économiques, bien que le groupe affiche des profits...
Dès lors, la décision de grève et de blocage est votée à l’unanimité, sans rentrer dans les locaux (sous conseils de la CGT) mais en occupant la seule entrée de l’usine. Le but étant de garder prise sur le stock de marchandise et les machines de production pour garder un moyen de pression.
Les ouvriers s’organisent afin d’être présents 24h/24 sur le site. Les repas sont en grande partie assurés par la solidarité locale (habitants, voisins, communes...) et divers événements sont organisés (buvettes, concours de pétanque...) pour récolter des fonds et se rencontrer. Des tracts et affiches sont régulièrement rédigés afin d’informer la population sur l’évolution du mouvement.
Une rencontre devait avoir lieu entre direction et salariés une semaine après l’annonce. Les ouvriers avaient prévu que la réunion se tiendrait dans la salle municipale mais la direction en a décidé autrement et a préféré l’usine comme lieu de discussion (y voyaient-ils un intérêt de faire rouvrir les locaux ?). Les « licencieurs » sont venus accompagnés de 23 gendarmes et ne sont même pas descendus du véhicule. Devant cette lâcheté, en toute logique, le ton monte ! Des stickers sont collés, des pneus se dégonflent... Comble de l’ironie, une plainte contre X est déposée par la direction pour violence. Une fois de plus, les gentils gendarmes sont du bon côté... !
Un rassemblement a ensuite lieu devant la sous-préfecture d’Alès afin de réclamer l’expertise comptable qui leur a été refusée : le nombre de salariés étant inférieur à 50, l’entreprise n’est pas dans l’obligation de la fournir...
Le 25 juin, les salariés se rendent à l’Inspection du Travail afin d’y rencontrer la direction. L’Inspection ne daigne rencontrer que les les dirigeants de l’usine et les représentants syndicaux. Les 22 salariés, mécontents, entrent dans les locaux et les occupent. A l’issue de la discussion obtenue de force par les grévistes, la direction change son fusil d’épaule : l’argument économique ne tenant pas la route, ils sortent des arguments environnementaux (consommation d’eau, rejets...) et évoquent la vétusté des locaux (toit menaçant, parking...), éléments ignorés jusqu’à présent ! En vue de se débarrasser des indésirés dans ses locaux, l’Inspection du Travail décide d’envoyer deux experts pour procéder à un rapport environnemental. Dans l’attente des résultats, elle leur déconseille de diffuser des infos avant d’avoir l’expertise. Bref, tous les prétextes sont bons pour légitimer les saloperies du patronat !
Une fois de plus, la logique de profit suit son cours. Après avoir acheté pendant plusieurs années des champignons en Chine au détriment de la paysannerie locale, quel intérêt de conserver une « conserverie du Mont-Lozère » quand il est plus juteux de délocaliser en Pologne ou ailleurs, quitte à laisser sur le carreau 22 personnes... ?
Quoi qu’il en soit les grévistes ne veulent pas lâcher le morceau et s’interrogent sur les perspectives à venir. De l’autre côté, le patronat pourra toujours compter sur l’Etat et ses institutions pour noyer le poisson et se servir de son cortège de flics pour essayer de mâter la colère...