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Non aux expulsions et aux centres de Retention

Sète, 14 heures, un cortège commence à se constituer. Une demi-heure plus tard il s’ébranle et parcourt les rues du centre ville. Il se dirige alors vers le centre de rétention au son de slogans comme « pierre par pierre, mur par mur, détruisons les centres de rétentions (ou toutes les prisons) », « ni prisons, ni frontières, ni centres de rétentions », « des papiers pour tous (ou pour personne !) », « pouvoir assassin ».
Passant par le quartier alloué aux immigrés, des rencontres se font. Petit à petit le cortège grandit. C’est une centaine de personnes qui se retrouvent devant le Centre de rétention de Sète. Là, un vacarme de ¾ d’heure vient saluer les sans-papiers enfermés (au nombre de 5 à ce moment, cantonnés dans une pièce d’où il leur est impossible de communiquer avec l’extérieur). Les slogans répondent aux pétards et fusées. Le portail est repris aux flics et sera tambouriné pendant un long moment... sans céder !
Le cortège repart alors en direction du port, laissant derrière lui quelques traces de son passage (tags, collages...). Un bateau de la compagnie COMANAV est à quai. Celle-là même qui régulièrement collabore avec l’Etat pour les expulsions. Les vigiles s’empressent de fermer la plateforme d’accès.. Des tracts sont alors distribués aux personnes embarquant, et aux employés de la COMANAV et d’Euromer. Le cortège repart ensuite vers le centre-ville, avant de se disperser. La police tourne pendant un moment et en profite pour effectuer quelques contrôles.
Juste une semaine après l’incendie du centre de Vincennes, nous n’étions pas très nombreux devant celui de Sète. Alors que des sans-papiers multiplient et radicalisent leurs luttes depuis un an au moins, les solidarités de ceux qui en sont dotés pêchent par leur nombre et souvent par leur intensité. L’atomisation et la pression mise sur chacun, explique en partie cet abandon des luttes collectives.Non contents de se lamenter, il faut continuer le combat. Réfléchissons aux modes d’interventions possibles pour enrayer la machine à expulser. Coordonnons-nous entre les villes et les montagnes.
Une réunion est prévue pour discuter des solidarités possibles avec la lutte des sans-papiers, au Transfo (Rue de l’Albarède, à Ganges), le samedi 19 juillet à 16 heures. Cette réunion sera précédée, à partir de 14 heures, d’une discussion autour du collectif Kaliméro sous le soleil– collectif de solidarité aux inculpés de la guerre sociale.

Voici présentés ici deux tracts diffusés lors de cette manifestation.

Non aux expulsions et aux centres de Retention

Lors des nombreux contrôles d’identité auxquels ils sont exposés, les sans-papiers se voient emmenés au commissariat, pour des gardes à vue de 24 heures (renouvelables). Ils sont ensuite conduis au centre de rétention, pour une durée de 2 jours. Ils passent alors devant le Juge des Libertés et de la Détention qui les renvoie pour 15 jours en rétention, opération renouvelable une seconde fois. Au bout de ces 32 jours, les sans-papiers sont expulsés, libérés pour quelques-uns, ou alors passent en procès pour refus de coopérer à l’expulsion. Condamnés alors à 6 mois fermes, assorti d’une interdiction du territoire de 3 ans à 10 ans, ils sont ensuite expulsés : c’est la double peine.
Samedi 21 juin, un sans papiers est mort dans le centre de rétention de Vincennes. Dans la nuit des émeutes démarrent dans le centre. Le lendemain, à partir de 15 h, des incendies se déclarent et détruisent totalement le centre de rétention. Un rassemblement se tient devant le centre à ce moment.
Il y a alors 293 retenus dans le centre. Deux sont accusés d’incitation à l’émeute et à l’incendie et ont été transférés en prison. 18 ont été blessés et une quarantaine ont été libérés (en date du 26). Les autres sont dispersés à Nîmes (100 personnes), Lille, Rouen, Palaiseau et au dépôt du tribunal de Paris.
Cette émeute éclate dans un contexte où la situation dans les centres de rétention est de plus en plus dure. C’est la conséquence d’une politique européenne de répression accrue contre les immigrés. L’Etat français et l’Europe mènent leur guerre aux migrants, à coups de barbelés et de pa-trouilles militaires aux frontières et au-delà, comme en Libye, en Mauritanie ou au Maroc (où les pouvoirs locaux sont chargés de bloquer l’immigration vers l’Europe), à coups de rafles dans les quartiers populaires, de descentes sur les lieux de travail ou dans les écoles, de contrôles au faciès, d’enfermements et d’expulsions.
Dernièrement, une directive européenne porte la durée de rétention à 18 mois tout en systématisant une interdiction de territoire de 5 ans. L’Europe organise ses remparts contre les migrants, en renforçant ses frontières extérieures comme en Pologne, en Grèce ou en Espagne et en subventionnant les politiques de contrôles et des centres de rétention dans les pays « limitrophes », de la Turquie au Maroc. Politique qui tue des milliers de personnes chaque année.
Cette pression exercée sur les étrangers sert principalement à précariser une grande quantité de travailleurs pour leur faire accepter des conditions de travail et des payes de misère ; pour le profit des patrons et de l’économie. Les frontières sont et ont toujours été plus ou moins perméables en fonction des besoins de mains d’oeuvre. L’Europe se dirige aujourd’hui vers une politique de quotas pays par pays, sélectionnant les qualités de ses travailleurs en fonction de leur nationalité. Elle développe les cartes de séjour pour la durée d’un contrat de travail, n’hésitant pas à procéder aux expulsions juste avant la paye.
Cette politique qui vise à précariser une partie du prolétariat, la plus démunie, est parallèlement un moyen de pression sur tous les pauvres. L’esclavage salarial que les sans-papiers et les immigrés en général doivent accepter (le renouvellement de la carte de séjour étant lié à un emploi) permet aux patrons de demander plus et d’offrir moins à tous leurs employés. La division, orchestrée par l’Etat, les syndicats, les médias... fait le reste du travail.

Nous manifestons aujourd’hui devant le centre de rétention de Sète pour soutenir les sans-papiers dans leur lutte. En solidarité avec les inculpés et incarcérés de la guerre sociale. Contre ce monde du fric, des flics et des frontières.