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Du plomb dans la tête...
En 1953 la mine d’extraction de plomb et de zinc du Mazel, commune du Mas d’Orcières, versant nord du Mont Lozère, ferme ses portes. 55 ans après, la DRIRE, la DASS et la préfecture annoncent des résultats d’enquête sur les teneurs en plomb et en arsenic et dispensent aux habitants des conseils sanitaires alarmants : prises de sang pour les femmes enceintes et les enfants - dont les factures seront prises en charge par les particuliers - ; interdiction de boire et cuisiner avec l’eau du hameau et de consommer les fruits et légumes locaux ; vigilance sur la propreté des maisons et des ongles des bambins qu’on a jusqu’alors laissés jouer dans les poussières contaminées... En terme de plomb, les normes préconisent 100mg de plomb/kg de sol sec. Au Mazel, on relève 6791mg/kg à une profondeur de 5cm au seuil d’une maison habitée, vendue en 2000 par le Parc National des Cévennes qui l’exploitait depuis 30 ans comme gîte équestre... Contacté par les habitants, le Parc ne daigne même pas se soucier du problème.
Aux alentours des mines, on trouve des montagnes de stériles – résidus de l’exploitation minière - (17453 mg de plomb et 130mg d’arsenic/kg sol sec) lessivées par des pluies qui partent dans le ruisseau de Combe Sourde, principal affluent du Lot. Un agriculteur continue d’y faire boire et paturer ses bêtes et commercialise le lait sans qu’aucune analyse n’ait été réalisée. Ces mêmes stériles ont largement été exploités à des fins commerciales pour remblayer des chemins, dans le parc national et chez des particuliers, sur des terrains de golf, pour des chantiers de supérette...
La préfecture, après avoir autorisé l’exploitation de cette carrière, vient de la faire fermer (fin juin), suite aux pressions des riverains qui se sont mobilisés malgré un harcèlement incessant. La totalité des sites où la masse contaminée a été dilapidée n’est pas encore connue. La pollution est ainsi propagée de ci-de là par ceux qui prétendent lutter contre et se targuent d’oeuvrer pour le « développement » de la Lozère en véhiculant son image de carte postale à travers des spots publicitaires pour une eau gazéifiée d’usine (filiale de Nestlé) ou à coup de sites Internet et de prospectus vantant l’écotourisme avec des images de piscines chlorées (www.vacances-cevennes.com)...
En 1998 une directive préconisant une surveillance du site des mines du Mazel avait été prononcée, ce n’est que 10 ans plus tard et après avoir spéculé sur cette terre polluée que les notabliaux du coin se décident à en parler aux populations concernées. Mais plus que la vérité, c’est le non-dit qui règne. Les services de l’Etat, préfecture en tête, bien dans leur rôle, tentent de noyer le poisson. Les merdias brillent une fois de plus par leur mutisme se contentant de diffuser les discours officiels dans le seul but de rassurer la population et d’étouffer l’affaire. Les résultats d’analyses ne sont pas même affichés en mairie.
Tant que nous serons dans cette société, nous continuerons à nous faire polluer par ceux qui n’auront tout au plus qu’à payer une modique somme comparée aux bénéfices engrangés. Nous devons affirmer notre solidarité avec celles et ceux qui se retrouvent au quotidien dans ces luttes en empêchant et en dénonçant publiquement les agissements des marchands de mort. Et pour paraphraser un riverain de ce site pollué, les pressions subies ne feront que davantage nous déterminer, quitte à y laisser des kilos de plumes qui s’avèreront bien plus légers que ceux de plomb !
Personne n’est épargné par les ravages de ce « meilleur des mondes », industriel et marchand, et cela n’ira qu’en s’accroissant... Dans notre région soi-disant préservée, il reste des vestiges de dizaines de mines de plomb, zinc, uranium, antimoine, plomb argentifère... (des cas de contamination sont déjà avérés près de Villefort ou du Vigan par exemple)... Ce sont autant de sites potentiellement pollués, témoins d’une exploitation de milliers d’hommes et de femmes qui se poursuit souvent sous d’autres formes, des mines à ciel ouvert du Niger au télé-emploi en Cévennes. Et ce grâce à la complicité de celles et ceux qui favorisent le maintien de l’esclavage moderne à travers les escroqueries « écologiquement durables » de l’Etat et des entreprises...