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Parce qu’ils mangeaient ce que les autres abandonnaient…

Prologue

Toute ressemblance des personnages de cette fable avec des personnes connues ou inconnues est tout à fait souhaitable voire voulue. Ainsi, toi-même ou ton entourage peut se reconnaître chez qui bon lui semble.

Fable

Trois écureuils sur leur branche perchés,
La dernière noisette attirait leurs regards alléchés.
Plus rien dans leur garde-manger,
Des victuailles ils devaient aller chercher.
Comme à l’habitude il fallait être hâtif,
Vers un voyage qui se devait expéditif.
Car c’était chez Madame la Cigale
Qu’ils trouveraient malgré la morale,
De quoi se rassasier pour toute la journée,
Sous cette grosse chaleur d’été.

En effet chez Madame la Cigale, la mode était aux ordures :
Plus tu jettes, plus chère est la nourriture.
Sous couvert de victuailles aseptisées,
Son profit était vite gagné,
Le mensonge et la peur étant si facilement acceptables,
Par les gens les plus respectables.

Nos amis les écureuils s’en foutaient,
Ce qu’ils voulaient c’était manger,
Qu’importe que ce soit une vache qui rit, uncœur de lion ou un yoplait,
En mai, fais ce qu’il te plait.
De toute façon, y aller il fallait,
Dans les poubelles il fallait chercher.
Comme à l’habitude ils attendraient la nuit,
Car pour éviter les pénuries
Il faut savoir se cacher sous les étoiles,
Avant de mettre les voiles.

« Ne pas faire peur au consommateur,
Eviter d’être dans le collimateur,
Sous peine d’être classé voleur
Et dans un terrier perdre ses heures. »

Après avoir marché sur les chemins escarpés,
Les écureuils passaient le seuil
Devant sa majesté la Poubelle,
Ils entonnaient la ritournelle.

Mais voilà ce qui arriva.

Marre de rentrer tard,
Monsieur la fouine avait le cafard,
Dans son dur labeur
Il perdait ses heures.
Fâché par ses idées noires,
Il avait besoin d’histoires.

C’est alors que se présenta l’aubaine,
Juste à coté de la benne,
Nos écureuils il découvrit,
Là-bas grouillant comme des souris.
Travaillant à vider leur trésor,
A l’heure où tout le monde dort,
S’occupant des détritus des dormeurs,
Afin que quelques uns puissent profiter du leurre.

« Qui sont ces pourris ? »
S’exclama la Fouine surprise,
« Pas de raison qu’ils bouffent gratis,
Alors que je paie mon pastis !
Enfin une nouvelle pour pimenter mon quotidien,
Un petit appel ça ne mange pas de pain ».

Le plus discrètement possible notre honnête travailleur
Rentra au terrier concrétiser son labeur
« Agir en honnête citoyen,
Tel est mon dessein. »
A peine arrivé, il sonna la clochette
Sans même enlever ses chaussettes.

« Allô Brigade des Chiens,
J’ai aperçu trois moins que rien
Ils paraissaient violents et féroces,
Chez Madame la Cigale ça va être atroce.
Ce sont sans doute des supermeurtrieryperarmésterroristanarchistes,
Messieurs les Chiens, protégez-nous,
Apaisez mon courroux. »

« On s’en occupe, cria le Chien de Garde,
Eh, les gars, ça sent la moutarde ! »
Vers les écureuils la meute s’élança,
Sans réfléchir à quoi que ce soit.

Arrivés à destination,
Ils eurent une hésitation.

Ce n’est pas chez madame la Cigale
qu’ils se régalaient,
Mais dans ses poubelles
qu’ils s’émerveillaient.

Mais partir en vadrouille
Pour revenir bredouille
C’est pas très prodigieux
Pour des bons chiens comme eux.
« Pensez aux quotas,
On les lâchera pas ».

Le regard plein de mépris
Ils embarquèrent nos amis.
Au terrier ils restèrent quatorze heures,
Accablés de révolte mais pas de peur,
La dernière noisette ils avaient dans la poche,
En attendant la prochaine soirée torche.

Epilogue

Nos trois écureuils sont en fait trois amiénois « déchétariens » partis faire des récups sous les étoiles…
Ils ont été arrêtés, mis en garde-à-vue de 22h à 17h, et en prime soumis à une prise d’ADN, menacés de 15000€ d’amende ou un an de prison ferme s’ils refusaient.

La police d’Amiens est fière d’être classée Deuxième police de France au palmarès « dénouement de délits » : elle a une réputation à préserver !