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Bienvenue dans ce monde d’ordures !
Les poubelles de la grande distribution regorgent de toutes les denrées qu’on trouve en rayons. Défauts d’emballage, date limite de vente ou de consommation arrivées à terme, tavelures sur les produits dits frais, etc., tout cela ne vaut plus rien dans le circuit du commerce et atterit dans les bennes.
Pour de nombreuses personnes sans moyens, ou qui ont tout simplement du mal à boucler les fins de mois, la récup’ est une bouffée d’air ; souvent fétide, mais pas tellement plus, en réalité, que les mêmes produits vendus sous l’air conditionné des allées des supermarchés. Combien de viande sous blister vendues avariées, de conserves achetées périmées, de campagnes nationales mettant en garde - après coup -, les consommateurs, et les appelant à retourner la marchandise suspecte, s’ils n’étaient pas déjà intoxiqués ? Et le reste, tout ce qu’on achète de pseudo-propre à la consommation... Bref, dans les poubelles comme sur les étals, c’est la même merde. Le commerce, lui, l’a bien compris. Rien ne se perd, tout a valeur marchande, même les rebuts. Alors gare à ceux qui fouinent quand tous les chats sont gris ! Les déchets récupérés, c’est ça de moins qui serait acheté. Telle est la logique du système, applicable même à ceux qui n’auraient pas les moyens de payer. Alors ils javellisent, quitte à empoisonner, ils postent des vigiles, des chiens de garde, des caméras filmant les containers, ils dressent des grillages de plusieurs mètres de haut pour empêcher l’accès à leur trésor en décomposition... Dans certaines grandes villes comme à Paris, des brigades municipales sillonnent désormais les rues pour traquer ceux qui s’aviseraient de se pencher dans les poubelles. Amendes assurées. Du coup on y crève encore plus la dalle. Tout juste autorise-t-on les rats des villes comme leurs frères des champs à mendier quelques miettes à des commerçants aux âmes bien charitables. Avoir son pauvre de proximité, ça c’est une indulgence qui ne se perd pas...
Mêmes temps mêmes moeurs : rien ne se perd tout se monnaye. Dans la région (et ailleurs sans doute), des recycleries fleurissent sur les sites des déchetteries. Le principe est simple : ce que vous récupériez hier dans les grosses bennes, pour vous meubler, vous équiper, vous habiller, ou pour revendre aux puces et vous faire quelques tunes pour agrémenter l’ordinaire, aujourd’hui, les « recycleurs » le récupérent avant vous, le retapent tout pareil et vous le revendent au prix brocante. Même principe à peu près qu’Emmaüs et autres vautours de la misère. Les recycleries, sous prétexte d’insertion de quelques Rmistes (mais surtout de subventions touchées au passage), font sombrer toute une économie parallèle locale. Là où il n’y a pas encore de site pour recycler ce que vous recycliez très bien vous-mêmes, on bunkérise les déchetteries, autrefois accessibles à tout un chacun en franchissant un petit grillage, auquel d’autres avant vous avaient mis un coup de cisaille. Bienvenue dans ce monde d’ordures !