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« Liberté pour tous et toutes ! »
-Slogan scandé de part et d’autre des barbelés du CRA de Vincennes-

Il existe actuellement 24 centres de rétention administrative (CRA) en France (dont 3 dans le Languedoc, à Sète, Nîmes et Rivesaltes), avec une capacité d’enfermement variant de 8 à 220 places et une capacité totale de 1800 places. L’objectif de l’État est d’atteindre 2 700 places en 2008.

Ces centres qui sont de véritables prisons pour sans-papiers, ont pour objectif de donner le temps à l’administration de réunir les documents nécessaires à l’expulsion. Des sans-papiers y sont enfermés (pour 32 jours maximum), sous la surveillance permanente de flics ou de gendarmes qui s’occupent de la gestion du centre (transferts, visites, dossiers des retenus, repas…). Responsable du “bon déroulement” de la rétention, la police réprime toute forme de résistance ; en plus des interrogatoires, elle met la pression à tout retenu qu’elle juge trop “gênant” ou “rebelle” et les menace d’incarcération ou d’expulsion immédiate. Ils ont aussi recours par l’intermédiaire de médecins zélés, à l’usage de la camisole chimique pour “calmer” les “récalcitrants”.

Le nombre croissant de rafles et d’expulsions (25000 l’an dernier), ainsi que l’allongement du temps légal de rétention et les conditions de détention insupportables dans ces centres surpeuplés font que, depuis ces derniers mois, la lutte s’intensifie et se propage à l’intérieur comme à l’extérieur. Elle prend diverses formes : refus d’entrer dans les chambres, refus d’être compté, de manger, chambres brûlées, altercations avec la police, évasions ou tentatives. Ces actes quotidiens de révolte ne peuvent perdurer qu’à condition où les initiatives de solidarité visant à rompre l’isolement et à étendre la lutte se multiplient, que la révolte s’étend aux autres centres, aux autres villes, à la société toute entière, si nous nous révoltons avec eux.

Dans ce contexte de lutte, le 19 janvier dernier, trois personnes sont arrêtées dans le Val-de-Marne en possession d’un fumigène “fait maison”, de quelques pétards et de crèves-pneus alors qu’ils se rendent à une manifestation contre les centres de rétention. Depuis quatre mois, deux d’entre eux sont en prison dans l’attente de leur procès, le troisième est sous contrôle judiciaire.
Alors qu’ils réfutent les accusations qu’on leur porte (détention et transport d’engins incendiaires, association de malfaiteurs), leur affaire vient d’être confiée à un juge antiterroriste.
Cette requalification se fait sous le motif d’une “jonction supposée” avec une autre affaire concernant deux personnes arrêtées le 23 janvier dans le centre de la France qui, d’après la presse informée par la police, ont été arrêtés en possession de chlorate de soude, de documentation détaillant la fabrication de bombes, et de plan de l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Porcheville.
En instruisant ces affaires dans le domaine de l’antiterrorisme, l’objectif du pouvoir est clair, il cherche à effrayer, isoler, diviser et dans ce contexte il est d’autant plus nécessaire de rester solidaire avec les prisonniers et de réagir collectivement.
En solidarité avec les inculpés de la guerre sociale, contre toutes les prisons et le système qui les engendre nous appelons à deux journées publiques de lutte :

Samedi 14 juin au Vigan

Sur et après le marché, autour d’un repas tiré du panier, de débats, d’expo, d’une table de presse, de prises de paroles… bref à boire, à manger, à entendre, à dire et à lire.
Puis à partir de 19h au Local de la rue de la Forge pour un apéro de soutien avec à la nuit tombée, une projection de courts-métrages sur les centres de rétention, de la musique… et plus si affinités…

Samedi 28 juin à Sète

À 14h place de l’Hôtel de ville, manifestation pour la fermeture des centres de rétention en faisant le plus de bruit possible pour se faire entendre par delà les murs du CRA.

contact : kalimerosouslesoleil@no-log.org