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Des seigneurs à abattre...

Dans certains coins des Cévennes, les notables se prennent pour des petits seigneurs : comme au Moyen-âge, ils rançonnent et oppriment. Cette bourgeoisie d’aujourd’hui s’exprime à travers son rang social de propriétaire, de chef d’entreprise ou d’élu.

Marchands de sommeil, ils nous louent des appartements pourris ! Ces locations souvent mal rénovées, difficiles à chauffer, nous coûtent relativement cher. Et quand il s’agit de rembourser une caution, ils refusent bien souvent de nous restituer l’argent.

Nous nous retrouverons le 7 juin 2012 devant le tribunal d’Alès pour dénoncer cette oppression qui est largement partagée, et soutenir Macha qui est l’objet du harcèlement de son dernier bailleur. Ce monsieur, non content de toucher ses rentes locatives, s’est permis de porter plainte et de réclamer 5 000 euros de rallonge, au prétexte d’un préavis qu’il a jugé trop court et de prétendues dégradations dans le logement. Depuis que Macha a quitté l’appartement, M. Serpent (le bailleur) n’a cessé de lui causer du tort ainsi qu’au père de ses enfants, dont il a été l’employeur. C’est en usant de toutes ses casquettes, et du pouvoir qu’elles lui confèrent, qu’il leur a littéralement pourri la vie ces derniers mois : heures supplémentaires non rémunérées, congés non payés, délations et falsifications de dossiers auprès de la CAF entraînant la suspension des allocations de Macha, etc.

Serpent et ses confrères notables possèdent la majeure partie des terres, des logements et des entreprises de la région. Ils cumulent ainsi les fonctions de bailleur et d’employeur. Il faut donc travailler sans broncher et leur reverser notre salaire sous forme de loyer. C’est sous couvert de « bienfaisance » et de « sympathie » qu’ils nous abordent pour nous proposer « Le » bon plan logement + travail. Cette gentillesse dont ils se targuent, ne peut dissimuler la réalité des faits : c’est tout bénef ’ pour eux ; c’est turbin et précarité pour nous !

Ici comme ailleurs, ils nous font travailler dans des conditions déplorables et pour des salaires de misère. La carotte des augmentations et des promesses diverses et variées, qui ne sont jamais honorées, se combine savamment avec les dégradations de nos moyens de survie. Nous vendons donc à bas prix notre temps et notre force de travail à ces profiteurs qui subsistent par notre exploitation.

Ces notables ont aussi des relais politiques : complaisance des conseils municipaux, notoriété de certaines familles, implication historique de ces mêmes familles dans les partis de droite comme de gauche. Ces positions privilégiées leur permettent de constituer des réseaux et d’asseoir leur influence par le clientélisme (pistons pour un boulot ou un logement, postes réservés en mairie, etc.). Dans cette logique, ils utilisent les pouvoirs publics pour défendre leurs intérêts.

Comme partout, ces bourgeois justifient l’oppression qu’ils imposent en usant d’arguments identitaires, racistes, moraux, tous plus fallacieux et mensongers les uns que les autres, qui n’ont pour objectif que de nous diviser. Nous ne sommes pas dupes ! Cette classe sociale ne se reconnaît pas par son label « du cru » ou « néo », mais parce qu’elle vit grâce à la propriété privée et à l’exploitation qu’elle permet.

Cette domination repose sur des peurs. La peur de perdre ses revenus, son travail, son logement, et de subir la mise au ban. Cette situation sociale optimise notre soumission et notre exploitation. Pour ne pas rester isolés dans nos résistances, nous répondrons collectivement au mépris et au harcèlement que Macha et Roger subissent pour ne pas avoir tout accepté. C’est parce qu’il n’est pas évident de combattre seul et dans son coin qu’il est nécessaire de s’associer pour refuser la situation qui nous est faite.

Parce que l’on n’acceptera jamais de crever en paix...

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