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L’UGTT
Ambigüe partenaire du RCD et des luttes de travailleurs

L’Union générale des travailleurs tunisiens, « syndicat unique » puisque le seul autorisé par le régime, a joué un rôle non négligeable dans les événements qui ont secoué le pays, mais avec une position souvent contradictoire.

Fondée en 1946 par le « martyr national Ferhat » Hached (assassiné en 1952 par les colons français), l’organi- sation a gardé une relation ambivalente à l’égard du régime, sous Bourguiba puis sous Ben Ali. Ses prises de positions officielles accompagnaient la politique de restructuration libérale menée par le parti unique, appelant par ailleurs à voter pour lui à chaque élection ou soutenant la répres- sion, notamment à l’égard des islamistes... Néanmoins, gardant toujours une relative autonomie, l’unité du syn- dicat fait face, dès le début des années 2000, à des contes- tations remettant en cause l’alignement sur le régime et la répression interne (exclusions) pour s’engager aux côtés des mouvements sociaux locaux, notamment les grèves dans les secteurs des mines et du textile. Si, à la base et localement, des syndicalistes ont rejoint assez tôt les protestations populaires de décembre 2010 et janvier 2011, la cen- trale, elle, n’a réagi que tardivement, ne lançant des appels à la grève générale que le 12 janvier dans les secteurs de Sfax, Tozeur et Kairouan, puis le 14 et le 26 dans tout le pays. En somme, une sorte de résistance de la dernière heure, mais qui a néanmoins permis à l’UGTT de se sauver des tiraillements internes et de garder son hégémo- nie au sein du monde du travail, malgré la naissance anecdo- tique de nouvelles organisations syndicales aux lendemains du changement de régime.

Depuis le départ du RCD, parti unique « frère ennemi », le syndicat, qui participe allègrement aux négo- ciations sur l’avenir économique du pays, publie réguliè- rement des communiqués pour se dissocier des appels à la grève, parfois même alors qu’ils sont lancés par ses sections locales. L’organisation participe ainsi à la propagande, entre- tenue par le patronat, les journaux, les nouveaux élus et des artistes (le rappeur « révolutionnaire » El Général notam- ment), qui condamne tout mouvement susceptible de nuire à la relance et à la compétitivité du pays...