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Automne-hiver 2010-2011  : mobilisation fébrile des populations européennes face à la «  rigueur  »...

Des plans de sauvetage d’une économie en crise sont mis en place partout dans le monde comme autant de tentatives de réguler la course folle du système capitaliste ou, à minima, de «  sauver les économies locales  ».

Les différentes mesures d’austérités, passées en bloc ou distillées au coup par coup, visent principalement deux objectifs. Le premier est de réorganiser les dépenses de l’État vers une logique de développement économique, le second de réduire le coût de la force de travail. Les États et les patrons des pays dits développés baissent les rétributions des travailleurs afin de préserver leur taux de profit. Cette attaque sur notre niveau de vie se traduit par des payes plus faibles (travailler plus, pour gagner moins – flexibilité et précarisation), mais aussi par une baisse du salaire indirect (sécurité sociale, retraites, allocations, éducation...) et par l’augmentation des prix des produits de consommation courante.
Il s’agit de mettre les travailleurs en concurrence sur le marché mondial. Pour les pays les premiers industrialisés, le coût octroyé pour la rémunération de la force de travail doit rejoindre le niveau offert dans les pays dits émergents.
Pour ces derniers, il faut préserver, par tous les moyens, des conditions d’exploitation favorables au maintien d’un faible coût de production. Cela se traduit, le plus souvent, par l’aggravation de la répression à l’égard des prolétaires qui ne se montrent pas suffisamment dociles et, parfois, en faisant aboutir certaines de leurs revendications.
En Europe, notamment, les politiques gouvernementales cherchent à restaurer la confiance des investisseurs. Il s’agit de réduire le «  déficit public  » et de s’assurer d’être bien notés par les agences de notation financière sur les potentiels à rembourser les dettes engendrées, afin notamment de pouvoir continuer à emprunter sans que les intérêts augmentent.
Tous les États européens, même s’ils ne sont pas dans la même situation de déficit incontrôlable ou de cessation de paiement, prennent des mesures d’austérité presque semblables d’un pays à l’autre. La misère sociale s’étend pour que les classes dominantes puissent continuer à s’enrichir..., que le système perdure. Les populations sont priées de se «  serrer la ceinture  » et d’accepter les sacrifices pour «  relancer l’économie  ». Les réactions existent mais restent en majeure partie confinée à des objectifs limités et spécifiques.

Focus sur quelques rues du vieux continent de septembre 2010 à mars 2011

Grèce

Depuis décembre 2008, après l’assassinat d’Alexandre Grigaropoulos par un policier, les tensions sociales en Grèce se sont intensifiées. Ce mouvement a été principalement l’expression des plus précaires (jeunes, chômeurs, étudiants, migrants...) et la population salariée en fût quasi absente. La crise de la dette publique grecque est officielle depuis la fin de l’année 2009. Le gouvernement socialiste a lancé ses premières mesures d’austérité en février 2010 en appelant à l’aide internationale. Le «  plan de sauvetage  » de l’État grec s’est traduit notamment par un prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans accordé par la BCE, le FMI et l’Union européenne, en échange d’un programme d’économies drastique dévoilé le 2 mai 2010. Parmi les mesures prises  : des baisses de salaire pour les fonctionnaires et de pensions pour les retraités, une augmentation de la TVA et des taxes sur le tabac, l’alcool et les carburants, des privatisations (dans le secteur des transports notamment) et une réforme du régime des retraites qui prévoit un recul de l’âge de départ, de 60 à 65 ans...
La mobilisation dure depuis lors. La répression est toujours aussi virulente mais la révolte continue. Le 11 septembre, une manifestation contre la rigueur est organisée à Salonique. Une vingtaine de personnes sont arrêtées préventivement. Plusieurs centaines de «  jeunes  » s’opposent aux policiers à l’issue du défilé. Le 17 novembre, manifestations contre la «  troïka  » (BCE, FMI, UE). Plus d’une centaine d’arrestations. à Athènes, affrontements avec des jeunes du parti socialiste au pouvoir. Le 15 décembre, c’est la septième journée de grève générale contre l’austérité de l’année. Tous les secteurs sont mobilisés. Des manifestations sont organisées dans tout le pays et de-ci de-là des magasins y sont pris pour cibles, à coups de barres de fer, de cocktails molotov ou de boules puantes. Dans la capitale, la manifestation tourne à l’émeute. Un député et ancien ministre est molesté et pourchassé par la foule aux cris de «  Voleurs  ! Honte à vous  !  ». L’entrée du ministère des finances est attaquée au cocktail molotov. Un car de flics, des voitures bourgeoises et un hôtel de luxe sont incendiés. Bref, une manifestation de plus du mécontentement d’une partie de la population grecque... Le 22 décembre, une nouvelle journée de grève est organisée au cours de laquelle une manifestante confiera à un journaliste  : «  On n’est pas d’accord avec le plan d’austérité mais rien ne va changer (...) le gouvernement ne va pas changer de politique simplement parce que nous descendons dans la rue. » Le 23 février est organisée la première journée de grève générale de l’année 2011. Dans tout le pays, les manifestants sont fort nombreux. à Athènes, pierres et cocktails molotov répondent aux tirs de lacrymo, incendiant l’uniforme d’un anti-émeute. Des projectiles divers pleuvent sur le ministère des finances. à Thessalonique, des manifestants détruisent caméras et distributeurs de billets. à Drama, l’hôtel de ville est occupé. «  Après chaque manifestation, même s’il y a eu énormément de monde, de l’agitation et de violentes confrontations, la même question demeure  : « Et maintenant  ? » » (extrait d’un communiqué traduit du grec en date du 22 février).
D’autres ont lancé de larges mouvements d’auto-réductions, par exemple en refusant de payer les péages autoroutiers et les transports en commun.
Ce qui se passe en Grèce, premier pays de la zone euro touché par la «  faillite  » (depuis, l’Irlande et le Portugal connaissent le même sort), est une sorte de test pour la bourgeoisie européenne. Les syndicats et organisations de gauches ou d’extrême-gauche canalisent le mécontentement, en occupant l’espace et en maintenant les luttes divisées. Les organisations de travailleurs appellent à des journées de mobilisation éparses, souvent secteur par secteur voire syndicat après syndicat. Les partis attisent les sentiments nationalistes, accusant les «  forces étrangères  » d’être responsables de la situation et brandissant des slogans tels «  A bas l’Union européenne et le FMI  », «  Achetez grec  !  » ou «  A bas l’Allemagne  » (l’Allemagne, comme chef de file de l’Union européenne, est vivement critiqué, de plus, l’Europe centrale est économiquement sous son influence – avant l’Euro, on parlait d’ailleurs de «  zone Mark  » pour cette région). Si le pays est «  au bord du gouffre  », ce serait à cause de puissances occultes, présentées par les gauchistes comme les «  manitous de la finance  », «  les grands banquiers  », «  l’impérialisme américain  »... et niant les manifestations réelles du système de production capitaliste et de sa crise dont la déroute des banques et de la finance n’est qu’une des conséquences.

Espagne

Le FMI prédit un effondrement du système bancaire espagnol. Le plan de sauvetage du pays est estimé à 800 milliards d’euro, 10 fois l’aide apportée à l’État grec  ! Mais les autorités locales affirment que tout est sous contrôle...
Les principaux appareils syndicaux espagnols (CCOO et UGT) lancent, pour le 29 septembre, une grève générale contre la réforme du marché du travail. Cette mesure fait partie des mesures d’austérité programmées par le gouvernement (qui a déjà baissé les salaires des fonctionnaires au mois de juin dernier). Cette réforme se traduit notamment par la possibilité pour les entreprises de s’affranchir des conventions collectives pour faciliter les licenciements et la création de nouveaux contrats de travail fixes dont les conditions se rapprochent des contrats temporaires. Elle permet donc une plus grande flexibilité de la main d’œuvre. Bien qu’elles soutiennent, presque sans condition, les sociaux-démocrates au pouvoir, les centrales syndicales sont obligées d’appeler à ce mouvement pour ne pas se discréditer aux yeux des travailleurs et choisissent comme slogan «  pas comme ça  !  ». Cependant, dans tout le pays, les arrêts de travail ont été massifs et presque inédits. Depuis le 25 septembre, à Barcelone, l’ancien siège du Banco de Crédito était occupé pour servir d’espace de convergence à l’appel de «  l’assemblea  », initiée entre autres par des travailleurs de la compagnie de bus. «  Les banques nous asphyxient, les patrons nous exploitent, l’UGT et la CCOO nous vendent. A la mierda  !  » est écrit sur une des banderoles déployées sur le bâtiment. Le 26, 500 personnes s’y réunissent en assemblée à l’appel de «  quelle est ta grève  ?  ». Le 29, dès minuit, la grève générale débute  : dans toute la ville, des piquets se forment, bloquent centre commerciaux et grosses entreprises et convergent à midi sur la placa de catalunya. Une librairie fasciste, des barricades et une voiture de police sont en feu... D’abord dépassée par le nombre de foyers de perturbation, la police autonome catalane, les mossos d’esquadra, cartonnent les manifestants et expulsent la banque occupée. Des émeutes et arrestations s’en suivent. Les médias cherchent à convaincre que les débordements ne sont le fait que d’une infime minorité et qualifient les auteurs des affrontements de «  jeunes anti-système  ». Il s’agit pourtant de personnes diverses qui connaissent la précarité dans un pays où le chômage, selon les chiffres officiels, dépasse les 20% de la population active. Retour à la normale dès le lendemain, la dépendance vis à vis des mots d’ordre syndicaux est visiblement trop forte, alors que certains espéraient que ce n’était «  qu’un début  », affirmant «  notre grève ne peut pas rentrer dans une seule journée  » et constataient que «  le caractère combatif de la grève était transversal, partagé et général  » (communiqué du Moviment del 25 de setembre sur l’expulsion de la banque réappropriée).
«  Il n’y a pas d’alternative valable.(...) Je fais des heures supplémentaires non récupérables. Mais, vu la situation actuelle, je me la boucle. Je prie pour qu’on continue de m’exploiter  », confiait une travailleuse du tourisme le 28 septembre à un média français.
En décembre, une grève des contrôleurs aériens a été l’occasion pour l’État de montrer au reste du pays ses potentiels en terme de maintien de l’ordre  : un plan d’urgence a été décrété (mesure inédite depuis la fin du régime de Franco) avec, en prime, l’usage de l’armée pour remplacer les contrôleurs, et de la Guardia civil pour les surveiller une fois retournés au travail, avec la menace de la prison. Le gouvernement avait allumé la mèche avec un «  décret-loi  » proclamé à la veille d’une période de congés et s’ajoutant à une série de mesures durcissant les conditions de travail de la profession. Le piège a fonctionné, avec l’aide d’un syndicat extrêmement corporatiste. Les contrôleurs aériens ont servi de bouc-émissaires, raillées par les médias et la vindicte populaire comme des privilégiés qui prennent en otage la population au moment des vacances. Division et démoralisation, plan d’urgence et militarisation du conflit, constituent dès lors une menace pour tous les travailleurs qui ne se résigneraient pas.

Italie

L’Italie croule sous les dettes publiques, son déficit est l’un des plus important au monde (120% du PIB).
Depuis deux ans, les mobilisations se poursuivent contre la réforme du système scolaire, notamment contre les suppressions d’emploi dans l’éducation et l’augmentation des frais d’inscription dans les facultés. La fin de l’année 2010 a été marquée par une nette radicalisation de ce mouvement auquel participent quasi-exclusivement des étudiants et lycéens. L’accès à l’université y est d’ores et déjà réservé à des jeunes issus des classes moyennes.
Les jeunes sont en première ligne dans la mobilisation contre les politiques d’austérité. L’effet de celles-ci est pourtant ressenti par tous ceux qui ne détiennent ni les richesses ni les rênes du système. La détermination de «  la jeunesse  » vient sans doute d’une prise de conscience de la dégradation des conditions de vie. Avoir des diplômes, qui deviennent de plus en plus inaccessibles, ne suffira sans doute pas à assurer emploi et avenir stable.
Le 17 novembre, plus de 200.000 étudiants manifestent et s’en prennent notamment à une banque à Milan. Le 24, certains tentent, sans succès, de prendre d’assaut le sénat avec des boucliers symbolisant des livres. Le 27, ils sont près de 500.000 manifestants à Rome au côté des syndicats venus pour «  défendre l’emploi  ». Le 30, journée d’action dans tout le pays qui se traduit notamment par des blocages des transports et des manifestations sauvages qui se reproduiront à moindre échelle les jours suivants. Le 14 décembre, le Parlement vote sa confiance au gouvernement Berlusconi. Des manifestations ont lieu dans tout le pays contre les politiques d’austérité et la réforme des universités. A Milan, la Bourse est occupée, avec une banderole «  Fatras d’affairistes, voleurs, mafieux. Vous devez nous donner l’argent  »  ! à Palerme, le périphérique et l’aéroport sont bloqués. à Rome, trois cortèges défilent séparément avant de se rejoindre. On y trouve opposants au TAV du Val Susa, habitants de la ville sinistrée de l’Aquila, comités de base contre l’émergence des ordures à Naples [1], militants des centres sociaux, activistes pour le droit au logement, syndicalistes du secteur de la métallurgie, des chômeurs, des étudiants... Des manifestants tentent de s’approcher de la Chambre des députés et du Sénat puis de la résidence personnelle de Berlusconi. Des affrontements éclatent. Pavés, pétards, sachets remplis de merde... volent. Des ordures sont balancées sur le siège de la protection civile, au centre des scandales sur les déchetteries de Naples. Poubelles et voitures de luxe ainsi que cinq véhicules de police sont enflammés... Politiciens de tous bords et journalistes ne tardent pas à dénoncer «  la violence  », qualifiant tantôt les manifestants de «  bandes de vandales organisées  », de «  Black blocks néo-anarchistes  » voire «  d’ultras de droite  ». Une fois encore, se fait entendre la rengaine éternelle des amis de l’ordre qui cherchent à stigmatiser ceux qui, venant d’horizons et de milieux divers, osent enfin exprimer leur révolte autrement qu’en s’indignant contre un Berlusconi qui canalise la haine. Dès le lendemain, même s’il s’avère que les personnes arrêtées ne sont pas des «  professionnels de la révolte  », cela n’empêche pas les leaders étudiants de dénoncer la violence et de réclamer des manifestations pacifiques qui mettront petit à petit fin au mouvement. Le 23 décembre, les manifestations sont essentiellement ponctuées d’actions symboliques et, pour ainsi dire, grotesques (distributions de fleurs, lectures d’extraits de la constitution, coloration des fontaines...). à Milan, Turin et Palerme, quelques blocages et affrontements avec la police viennent malgré tout ponctuer la journée.

Grande-Bretagne

En novembre et décembre, des dizaines de milliers d’étudiants, de lycéens et quelques parents d’élèves sont descendus dans la rue, jusque dans des petites villes et villages. Ils protestaient contre le projet gouvernemental d’augmenter les frais de scolarité dans les facultés, de réduire les budgets alloués à l’enseignement universitaire et surtout de supprimer l’Education Maintenance Allowance, allocation hebdomadaire qui sert aux étudiants et familles modestes pour payer déplacements au lycée, livres, papier et nourriture...
Le 10 novembre, à Londres, certains pénètrent dans le siège du parti conservateur, saccageant vitres, plafonds et ordinateurs, avant de bousculer et de «  bombarder  » de bouteilles d’eau les policiers qui tentent d’encercler le bâtiment. La principale organisation étudiante (NUS) s’empresse de dénoncer cette attaque et celles qui suivront, prétextant, comme à l’accoutumée, qu’elles seraient le fait de minorités. S’en suit un mouvement d’occupation des écoles, collèges et universités qui démarre le 24 novembre. Les manifestations se poursuivent dans tout le pays. A Brighton, 400 élèves tentent de prendre d’assaut un commissariat où leurs amis avaient été arrêtés. Le 9 décembre, affrontement à proximité de Westminster où la loi est votée. La limousine royale transportant le prince Charles et son épouse est arrosée de peintures, d’œufs et d’objets divers. Des vitrines du ministère des finances, du Trésor public et de la Cour suprême volent en éclat. Des fusées et des boules de billard sont jetées sur les forces de l’ordre. Le sapin de Noël géant de Trafalgar Square est incendié.
La Grande-Bretagne est également en proie à des mesures d’austérité qui s’abattent sur l’ensemble de la population (coupes importantes sur les aides sociales, augmentation des taxes...). Le 26 mars, lors d’une journée de mobilisation à l’initiative des syndicats, des affrontements ont lieu à la fin des manifestations, prévues au nombre de 19 pour la seule capitale. Banques, magasins et hôtels de luxe sont pris pour cibles par différents groupes de personnes. La confédération des syndicats britanniques (Trades Union Congress, TUC) a aussitôt condamné les violences, tout en assurant qu’elles n’étaient pas le fait des manifestants...

D’autres mobilisations ont eu lieu dans la quasi-totalité des pays européens (et notamment au Portugal où s’est manifesté à la fin de l’hiver un mouvement de «  la génération fauchée  » qui dénonce une précarité toujours grandissante et se revendique indépendant vis à vis des partis, églises et syndicats).

Ces deux dernières saisons, nombre d’européens ont pris la rue pour y exprimer leur ras-le-bol ou au moins leur refus de voir certaines restrictions et réformes s’appliquer. Pour autant, aucun des gouvernements n’a reculé d’un pouce, la préservation du système économique leur important évidemment bien plus que les aspirations des populations. Lesquelles n’ont d’ailleurs pas vraiment réussi à imposer un rapport de force à la hauteur des enjeux, se contentant trop souvent de suivre les mots d’ordre syndicaux au gré de journées de mobilisations clairsemées. On peut aussi constater un manque de solidarité entre les mobilisations des différents pays et également une absence de réflexions internationalistes. Pourtant, dans tous les pays membres et même au-delà, les mêmes mesures s’abattent sur tous.
Il est nécessaire de prendre conscience que nos révoltes n’ont rien à gagner à rester confinées à des revendications partielles, enfermées dans des frontières nationales ou dans celles des catégories divisant le prolétariat. Espérons qu’elle ne sont pas non plus vouées simplement à garnir de quelques drapeaux les pages des journaux, alors même qu’une offensive majeure est lancée dans le monde entier à l’encontre de tous les prolétaires. Les prolétaires, ou, autrement dit, les travailleurs, actifs ou retraités, les chômeurs...  ; ceux qui vendent leur force de travail à ceux qui possèdent les moyens de production, en échange d’une rémunération, et ceux à qui celle-ci est concédée dans l’attente de pouvoir se vendre (l’armée de réserve). La vague des mesures d’austérité n’épargnera personne parmi ceux qui «  n’ont pas  ». Le mythe de l’ascension sociale s’effondre et la menace de déclassement devient une réalité pour bon nombre, à l’image des désormais célèbres «  diplômés chômeurs  ». Bref, on nous retirera toujours plus des miettes concédées en échange de notre travail et de notre docilité.
Gardons en tête que le capitalisme n’est pas un mastodonte inatteignable mais qu’il se répand partout, jusque dans chacun des rapports sociaux. Et c’est partout qu’il est à combattre, sous toutes ses formes.

 

[1] Les ordures à Naples sont gérées pas la Mafia (appuyée par les pouvoirs publics). C’est la poule aux œufs d’or pour la classe dirigeante locale (légale ou para-légale), grâce à de multiples détournements, aux rachats de déchets toxiques à de nombreuses entreprises européennes... Du coup, sur place, le traitement des déchets sature, les ordures s’accumulent dans la ville et les environs sont profondément pollués par de nombreuses décharges sauvages (notamment des montagnes de rebuts électroniques...).