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Le vent nous porte sur le système

«  Le choix de la France est le suivant  : ce n’est pas le nucléaire ou le renouvelable, c’est le nucléaire et le renouvelable, les deux.  »
Nicolas Sarkozy, président de la République française, le 22 novembre 2007

Dans quelques coins de l’Aubrac, de la Margeride ou du nord du Gard (à Mons notamment où quelques graffitis n’auront pas épargné la mairie) se concrétisent des projets d’installations d’éoliennes industrielles, portés par des filiales d’Alstom ou de Suez notamment. Des champs de panneaux photovoltaïques ou des centrales à bois sont également construits ou prévus... Il y aurait sans doute beaucoup à redire sur le peu de réactions que suscitent ces projets  : des indignations qui bien souvent se contentent d’affirmer un refus de les voir installer à tel endroit pour mieux laisser faire la même chose ailleurs et sans jamais remettre en cause la logique qui va avec. Nous nous contenterons pour l’heure d’indiquer l’existence d’un livre pertinent en rapport avec le sujet, dont voici un extrait de l’avant-propos  :

«  On sait qu’en France les autorités ont entendu trancher sur cette question de l’électricité, une fois pour toutes pour ainsi dire, par l’implantation de l’électronucléaire à grande échelle. Cela n’a pas été sans provoquer au coup par coup des oppositions et des luttes réelles. Pour des raisons que l’on n’abordera pas ici, le parti de la lutte, sur ce terrain comme d’autres, a été défait. Aujourd’hui, la contestation antinucléaire est presque entièrement représentée par des organisations écologistes et du lobbying disposant de moyens financiers aussi confortables que leurs mots d’ordre. Ces organisations sont d’autant mieux acceptées qu’elles ont le bon goût de proposer des solutions techniques de rechange  : les alternatives au nucléaire garanties sans réchauffement climatique existent bel et bien, ce sont les énergies renouvelables. Moins d’uranium, plus de soleil ou de vent. C’est donc sous leurs acclamations que se développent notamment, un peu partout, les centrales éoliennes (les promoteurs et leurs alliés remplacent volontiers le terme «  centrale  » par ceux de «  parc  », «  champ  » ou «  ferme  », plus bucoliques).
On se propose [dans cet ouvrage] d’exposer en quoi les technologies de production d’énergie renouvelable, quand bien même elles consti-tueraient les miraculeuses ressources vantées par l’écologisme – on verra qu’il n’en est rien –, ne font jamais que perpétuer la société industrielle par de nouveaux moyens, qui n’excluent pas les précédents (l’électronucléaire en particulier), mais les complètent et surtout les agrémentent d’illusions sur la nature de la mutation «  verte  », éco-citoyenne, etc., du capitalisme. En bref, il s’agit de montrer qu’une critique conséquente de l’industrie électronucléaire et de ses prétendues alternatives renouvelables ne saurait exister sans critiquer tout le système des besoins qui, dans la présente organisation sociale, impose une production massive d’énergie.  »

Le sens du vent, Notes sur la nucléarisation de la France au temps des illusions renouvelables, livre paru en 2010 aux Editions de l’Encyclopédie des Nuisances.