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Les avions ça s’écrase mais pas nous  !

A 20 kilomètres au nord de Nantes, autour de la commune de Notre-Dame-des-Landes, un aéroport international est en projet. Au 1er janvier 2011, le groupe Vinci est devenu concessionnaire du projet, dans le cadre d’un partenariat public/privé qui l’engage à construire l’aéroport d’ici 2017 et à l’exploiter pendant 35 ans, ceci pour la somme de 500 millions d’euros. C’est un tournant dans le projet après les 40 ans d’acquisition pour le Conseil Général de Loire-Atlantique des 2000 hectares de bocage concernés. La desserte routière de l’aéroport préfigure une sorte de 3ème couronne d’urbanisation autour de la métropole nantaise qui veut jouer dans la cour des grands...

Pour cela les décideurs locaux (parti socialiste) jouent la carte de l’attractivité  : qualité de vie et développement durable attirent les investisseurs et leurs cadres. L’aéroport aux normes HQE [1] rentre dans la logique de «  Nantes, capitale européenne de l’écologie 2013  ». Ou comment le capitalisme vert s’inscrit dans le développement urbain.

Mais le pouvoir local a affaire à une forte contestation depuis 40 ans. Le projet a traversé différentes phases. Il a été abandonné début 1980 avec le choc pétrolier puis remis sur les rails en 2000. Aujourd’hui, l’opposition au projet est constituée de multiples forces. Une coordination de partis politiques et d’associations citoyennes [2] lutte sur les plans démocratique et juridique  : tours de veille devant le Conseil général pour faire pression sur les décideurs, épluchage des dossiers pour chercher des vices de forme. Elle mène également des actions symboliques et des évènements publics. Par ailleurs, une assemblée générale populaire réunit différents collectifs présents sur les villes voisines ou sur place. Sur la ZAD [3], s’organisent le collectif «  des habitants qui résistent  », menacés d’expulsion de leur location ou d’expropriation, ainsi que des occupants qui sont venus contrer le projet depuis l’appel lancé en 2009 lors du «  Camp action climat  ».

Seize lieux appartenant au Conseil général sont aujourd’hui occupés. Fermes, maisons, cabanes au sol ou dans les arbres sont habitées de façon collective ou individuelle. Il y a une forte volonté d’organisation commune, notamment au niveau du quotidien  : chantiers et jardins collectifs, récupération de matériaux et de nourriture. Différentes activités fleurissent sur les lieux  : boulangerie, bibliothèque, radio locale, concerts et cantines de soutien, ateliers vélo, soudure, musique, soirées lectures, discussions, projections, atelier grimpe dans les arbres. Des personnes de passage font vivre les lieux par leurs propres pratiques et savoir-faire.

Des groupes travaillent sur la défense des lieux, la communication (journal local, tournées d’information, site internet) et mènent des projets en lien avec d’autres groupes. Des réflexions plus larges sont menées sur les problématiques de l’urbanisation et la construction d’un rapport de force contre le capitalisme.

Le 15 juillet 2010, un huissier est passé dans cinq des lieux et a donné une sommation de déguerpir avant le 30 sous peine de procédure d’expulsion.

La répression reste diffuse mais régulière  : surveillance, perquisition, convocations, interpellations, gardes à vue dans le cadre d’enquêtes sur des sabotages de machines, présence massive ponctuelle des flics lors des forages et des enquêtes publiques, condamnations pour entartage et vol de terre.

Parallèlement, les décideurs et aménageurs mettent le paquet sur la propagande via les médias de masse et le marketing des institutions. Pour convaincre, ils mettent en avant l’état avancé du projet et donc son irréversibilité, le côté «  éco-grenello-compatible  » de l’aéroport, ainsi que son intérêt économique. Des enquêtes publiques tentent de donner un visage démocratique au processus, dans un climat de forte défiance et de mobilisation.

Une forte lutte se développe contre ce projet d’aéroport. En effet, il est facile, ici, pour tout un chacun, de constater la brutalité des logiques d’urbanisation et de l’aménagement du territoire en général. Dans les têtes pensantes, l’espace est rentabilisé, le bocage devient aéroport, tissu urbain, autoroutes, lignes grande vitesse, trams-trains... Ainsi, le groupe Vinci, constructeur et concessionnaire de l’aéroport, s’en met plein les poches par la confiance qu’il inspire à ses actionnaires en tant que partenaire privilégié des pouvoirs publics et de leur manne financière.
Mais, dans d’autres têtes, la résistance s’organise pour faire reculer les machines, trébucher leur marche si bien huilée et gagner du terrain contre la résignation.

Aérocrate bouffe ta cravate  !

Manif-occupation à Notre-Dame-des-Landes  !

Pour l’accès à la terre, contre l’aéroport et son monde  !

Nous vous invitons le 7 mai à un moment d’action collective, de rencontre et de fête, et vous proposons de rester les jours suivants.
La manif-action du 7 mai vise à l’installation collective d’un projet agricole sur des friches pour défendre ces terres, y vivre et contribuer à l’alimentation des habitants de la ZAD et des alentours. Cette action constitue également une étape dans la construction d’un mouvement plus large pour libérer les terres.
Apportez vos outils de défrichage  !
Départ de La Paquelais à 10h, Nord-est de Nantes (44)
Contact  : reclaimthezad-at-riseup.net
Site  : zad.nadir.org

 

[1] Haute qualité environnementale. Il s’agit évidemment des bâtiments, et non des avions qui vont y transiter...

[2] L’ADECA (Association des exploitants contre l’aéroport) qui représente les agriculteurs qui ont été les premiers à entrer en lutte  ; l’ACIPA (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport).

[3] Zone d’aménagement différé dans le charabia officiel, rebaptisée Zone à défendre, désigne les terrains que doit occuper l’aéroport.