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Carnaval & flicaille

Le 8 mars dernier, Mardi-Gras. Montpellier a eu droit, comme d’habitude, à son carnaval. En l’absence d’organisation officielle, les médias se sont permis de lui affubler, depuis plusieurs années, divers adjectifs tels que «  alternatif  », «  anarchiste  » ou «  des gueux  ».
Sans surprise, la fête a été réprimée aux alentours de 22h30. Les courses-poursuites et échauffourées se poursuivant jusqu’aux alentours d’1h30.
Nous disons «  sans surprise  », car la répression de la vie nocturne à Montpellier est un vieux phénomène lié à la politique d’embourgeoisement du centre-ville, via notamment l’opération «  grand coeur  ». «  Sans surprise  », car Mardi-Gras, sous la forme de batailles de farine et d’œufs à la sortie des cours, avait déjà connu la répression au début des années 90, avant même que le défilé qui existe aujourd’hui n’apparaisse en 1995.
Le bilan annoncé faisait état de 9 policiers légèrement blessés et de 8 interpellations, avec une libération sans poursuite le lendemain. Ils étaient donc 7 à passer en comparution immédiate après 48h de garde à vue, dans un tribunal où tous les bancs étaient occupés par une cinquantaine de personnes venues en soutien.

Verdict  : relaxe pour les deux accusés d’incendie de poubelle (le PV du flic ne donne même pas leur description), relaxe pour un troisième sur l’accusation de rébellion (les flics affirment qu’il a trébuché, glissé puis s’est cogné tout seul), par contre il admet avoir lancé une canette et est condamné à un mois de sursis plus 1000 euros à verser en dédommagement aux flics. Un quatrième admet lui aussi le jet de canette  : un mois de sursis. Le cinquième admet aussi et il a une mention de possession de cannabis  : 30 jours-amendes de 10 euros, soit 300 euros (moins 20% s’il paye dans le mois) ou alors 30 jours de trou. Les deux derniers ont nié avoir lancé une canette mais ont été comme les autres condamnés à un mois de sursis (hé oui, ça ne rapporte pas de reconnaître et de faire amende honorable  !).
A noter aussi que tous, sauf un, se sont fait sérieusement tabasser (bleus, crâne ouvert, longue plaie dans le dos après avoir été traîné sur 100 mètres au milieu des débris de verre...).

Pour conclure, sachez qu’un comité de soutien s’est créé, qui compte faire de la propagande, prendre en charge les amendes (un concert aura bientôt lieu) et peut-être durer dans le temps comme caisse anti-répression sur Montpellier.

dgueux.vilaine-at-laposte.net