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Pour un Carnaval Permanent...

À Montpellier - comme ailleurs -, la politique urbaine de répression de la vie nocturne porte ses fruits : couvre-feux qui tait son nom comme la fermeture du Peyrou le soir, arrêtés anti-mendicité, interdiction de vendre de l’alcool à partir de certaines heurs en centre-ville, patrouilles et contrôles systématiques en dehors des heures et quartiers autorisés...
Le carnaval, qui existe en dehors de toute organisation institutionnelle, reste une bonne occasion de se réapproprier la rue, de faire la fête et de mettre un peu de dawa dans cette ville de mort aseptisée.

Cette année, malgré un quadrillage policier délirant, des contrôles, des interpellations et même la confiscation de certains chars, dont celui du « caramentran », Carnaval ne s’est pas démonté et a eu chaud sous les aisselles...Comme de coutume, des centaines de carnavaleux ont déferlé dans les rues du centre-ville. Sans marchands ni clients, parce qu’à Carnaval on prend le beurre et l’argent du beurre ; sans organisateurs, car à Carnaval les battucadas, les chars, les déguisés, les fous, les gueux c’est tous, c’est toi, c’est moi...
Tout ce monde-là a été accueilli tôt dans la soirée par des coups de tonfa et des jets de gazeuses. Entre vapeurs d’alcool et de lacrymo, une riposte timide s’est improvisée, crachats, graffitis rigolos, quelques voitures déplacées pour ralentir la progression de la police... Malgré tout, Carnaval n’a pas fait long feu et avant minuit il était dispersé, cabossé, éclaté.
Si Carnaval est un renversement, alors Carnaval doit être un moment de liberté, un moment où ceux qui n’ont pas de pouvoir prennent le pouvoir, l’espace, la rue. L’idéal étant qu’il ne se limite pas à ce qu’il a beaucoup été : une soupape, un moment de liberté pour une année de surveillance, de résignation. Carnaval doit plutôt faire prendre goût à la liberté. Il a ce potentiel et c’est pourquoi le pouvoir a toujours cherché à le limiter, le canaliser voire l’interdire.

Rendez-vous donc à mardi gras l’an prochain plus nombreux et enragés, que le grincheux et le policier aillent voir ailleurs si le loup y est...

Une excellentissime brochure vient de paraître : Carnaval, la fête qui retourne tout. Elle contient deux grandes parties : l’une raconte les origines païennes du Carnaval et son histoire du Moyen Âge à nos jours, l’autre, le Carnaval à Montpellier.
Elle est téléchargable sur http://infokiosques.net/