Accueil du siteles bulletinsbulletin n°10 |     Plan du site                                                                 |contact|

Sales gosses !
Quelques extraits de la brochure Même pas sage... même pas mal !

« On les appelle enfants. Quand enfant devient trop ridicule, on parle des adolescents. La loi dit les mineurs. Des mots pour créer une séparation en fonction de l’âge. Des mots qui masquent et justifient l’oppression. »

Yves Le Bonniec & Claude Guillon, Ni vieux ni maîtres.
Guide à l’usage des 10/18 ans.

« Policiers, hommes politiques, experts, psychologues se bousculent : projet de fichage dès la petite enfance, pénalisation des « incivilités », défiance au nom de la « sécurité », mise au travail, prisons pour mineurs, harcèlements policiers, confinement à domicile, interdictions multiples, surveillance... L’enfance dont ils rêvent est une enfance de cauchemar. Vidée de toute imagination et agitée de la seule soif compulsive de consommation, sinon de cocooning, elle doit être faite d’obéissance et de déférence a l’égard de toutes les autorités. »

Gilles Lucas, préface de En route mauvaise troupe ! [1913],
Jacques Vache, Jean Bellemere, Pierre Bisserie, Eugene Hublet,
Le chien rouge, 2006.

« Les valeurs de l’école sont celles de la société haïe : travail, compétition, performance, fierté, ambition, soumission, obéissance, collaboration, délation... (etc., etc.).
[...] À l’école, on travaille pour que dalle, tout le temps. [...]
L’école apprend la peur. À la matérialiser en soi. Peur de sortir du moule, désobéir. Peur de se faire punir, de décevoir les référents (profs et parents). Peur, une fois intégrée, indélébile, inscrite pour toujours au fond de chacun de nous.
Peur du flic, de voler, de désobéir, de franchir les limites établies.
Peur comme emprise.
Peur puis tout accepter car désarmé, désamorcé. »

Anonyme, juin 2005.

« En France, l’école dite laïque, dite obligatoire, dite gratuite est mise en place par la bourgeoisie a un moment de reconstitution du mouvement ouvrier, après l’écrasement sanglant de la Commune. [...] L’institution de l’école des années 1880 relève de cette même volonté de canalisation du peuple dans les voies culturelles de la bourgeoisie. C’est le principal fondement des discours de Jules Ferry argumentant, devant des parterres de sa classe, en faveur de son projet d’école primaire. Il s’agit de casser les espaces d’autonomie prolétarienne pour mieux enchainer le peuple a la reproduction de l’ordre bourgeois. »

Philippe Geneste,
« Ordre scolaire bourgeois contre culture prolétarienne »,
in Marginales, n° 2, automne 2003.

« Tandis que le prof s’agitait comme un possédé pour nous faire apprécier la beauté de la liberté, on ruminait notre vie d’apprentis esclaves, avec le CAP a l’horizon, soi-disant la clef du paradis mais en fait un simple bout de papier avec quoi on aurait du mal à trouver même un job de ramasse-miettes dans un garage de Plan-de-Cuques. Le mieux qu’on pouvait espérer de la vie, si on suivait le mode d’emploi, c’était de devenir de bons consommateurs bien sages et bien gras, des Bidochons certifiés conformes qui regardent la télé pour oublier ce qu’ils voient a la télé. Notre destin c’était de ramer jusqu’au bout de nos forces, ramer, ramer sous les publicités pleines d’autos scintillantes, de pays exotiques et de femmes de luxe. Tristes de désirs inassouvis, on se sentait déjà finis, emballés, étiquetés, condamnés par les statistiques et les calculs des experts en avenir. Entre la vie flamboyante et cousue d’or qui s’affichait partout et notre existence au goût de cambouis, il y avait trop de décalage. »

Henri-Frédéric Blanc, Jeu de massacre.

« L’oppression des enfants est première, et fondamentale. Elle est le moule de toutes les autres. »

Christiane Rochefort, Les enfants d’abord, 1976.

La brochure Même pas sage... même pas mal ! est un recueil de textes (témoignages, écrits politiques, romans, pamphlets...) sur l’enfance dans cette société et sur les institutions créées pour mater et mouler dès le plus jeune âge (écoles, familles, établissements pénitentiaires pour mineurs, foyers, collèges, hôpitaux psy, lycées pro, centres éducatifs fermés...).« Les textes rassemblés, certains anciens, d’autres récents, tous d’actualité, aimeraient mettre un peu d’air dans une atmosphère empuantie par la propagande ».
Brochure disponible, parmi d’autres, sur http://infokiosques.net