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Instruction et nouvel arrêté pour la Borie

Le 22 avril 2009, le maire et une partie du conseil municipal de Saint-Jean-du-Gard démontent, sans crier gare, la yourte installée à la Borie depuis septembre 2008. S’ensuit une occupation de la mairie, quelque peu agitée, à l’issue de laquelle la yourte est récupérée. Quelques jours plus tard, elle est remontée sur le site par plusieurs dizaines de personnes solidaires (voir article dans le Bulletin de contre-info en Cévennes, n °8).

Le 27 mai 2009, le conseil municipal prend un arrêté interdisant l’accès de l’ensemble du site de la Borie à tout public. Malgré cela, de nombreuses activités y sont organisées au cours de l’été (discussions, projections, concerts, jardinage, fournées de pain, etc...), et la fréquentation du lieu (baignade, camping, etc...) bat son plein, comme chaque année en cette période.
Début juin, une procédure est finalement engagée. Dans ce cadre, un huissier de justice d’Alès, accompagné de gendarmes, vient constater la présence de la yourte, fin juillet. Au passage, ils procèdent à quelques contrôles d’identité. Cette opération avait, entre autres, pour objectif d’obtenir des informations sur les « responsables » de la yourte.
Le 21 septembre 2009, sept personnes (des habitants de la Borie et des environs) sont convoquées à la gendarmerie d’Alès pour être entendues en tant que témoins dans le cadre d’une information judiciaire ouverte contre X (et ayant trait, entre autres, aux « événements » du 22 avril), pour « violences volontaire en réunion notamment sur personnes dépositaires de l’autorité publique, outrages, destruction et dégradation en réunion, occupation du sol sans autorisation et construction sans permis ».
Ces interrogatoires, visaient, sans surprise, à identifier une fois de plus des « responsables », ainsi que les réseaux susceptibles de se mobiliser autour de ce qu’il se passe à la Borie. Les actions et activités publiques menées depuis bientôt deux ans sur place (ouverture d’un jardin collectif, montage, défense et animation de la yourte, etc.), ont toujours été le fruit de discussions collectives et ouvertes, sans chefs. Cette manie de vouloir trouver des « têtes » correspond bien à la logique du pouvoir, qui n’imagine pas un autre fonctionnement que le sien, hiérarchisé et spécialisé à l’extrême.

L’ensemble de ceux et celles qui fréquentent la Borie devraient se sentir concerné-e-s par ces différentes attaques. Les autorités s’activent désormais à contrôler le lieu, dans le but, à terme, de le rentabiliser (un fumeux projet touristique plane en lien avec le Grand Alès). Les usages individuels ou collectifs autonomes de cet espace en bord de rivière - qui a déjà échappé, grâce à une lutte victorieuse, à un projet de barrage au début des années 90 - sont donc menacés ; a fortiori lorsqu’ils sont ouvertement non-marchands, et qu’ils s’affichent publiquement contre le cirque institutionnel de ce système.
Sans attendre les suites judiciaires prévisibles (procès, condamnations, expulsion...), il est nécessaire de discuter et de s’organiser, pour contrer les logiques capitalistes à l’œuvre dans cette région comme ailleurs, et pour développer la possibilité de déterminer nous-mêmes nos buts, nos stratégies et nos moyens.

Des rendez-vous réguliers sont fixés à la Borie, à la yourte ou dans une salle commune aménagée pour cela : cinéma, discussions, concerts, rencontres, et tout ce que chacun et chacune voudra proposer et organiser, gratuitement.
N’hésitez pas à venir vous joindre à ces diverses activités et à leur organisation. Foin de toute timidité ! Venez réfléchir et agir contre ce système qui nous décervèle, qui veut faire de nous des moutons soumis, et qui domine et détruit tout dans son sillage au nom de l’argent, du profit et de la soif de pouvoir.

laborie.collectif@laposte.net