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Lettre du maire de Florac à la préfète

REPUBLIQUE FRANCAISE - - - - - - Florac, le 28 mai 2009
Liberté – Égalité – Fraternité
Mairie de Florac

Madame la Préfète
de la Lozère
Préfecture
Rue de la Rovère
48000 Mende

REF DV/MA 2009.283

Madame la Préfète,

De plus en plus souvent, Florac, Chef-lieu d’arrondissement de la Lozère, devient le lieu de rassemblement de groupes marginaux qui occupent le domaine public, sous prétexte de défendre leurs idées ou simplement par pure provocation, troublant ainsi largement l’activité économique locale.

Ce jeudi 28 mai 2009, jour du traditionnel marché hebdomadaire et donc d’intense activité économique sur la commune, un groupe de 7 personnes (et au moins autant de chiens) s’est installé sur le domaine public, au croisement des rues du Pêcher et des marchés, fermées à la circulation en ce jour de marché, y a installé un campement de fortune (glacière, bagages...) et a entamé un « pique-nique », proposant aux chalands de partager leur pitance contre des dons.

Rapidement alerté par les commerçants sédentaires et ambulants, qui eux même faisaient face aux interrogations de leurs clients, j’ai pris l’attache de Monsieur le Major Roux de la brigade de gendarmerie de Florac qui a dépêché une patrouille renforcée sur les lieux, en liaison avec notre agent de police rurale municipale. Cette intervention légitime a ensuite engendré un attroupement de personnes, toutes aussi marginales, défendant des valeurs de liberté et de réunion sur le domaine public, qui s’est résorbé après plus d’une demi heure de discussions.

Au delà de cet énième épisode, le problème doit être abordé de manière plus globale. En effet, ces rassemblements, bien qu’a priori non répréhensibles au sens de la réglementation en vigueur, nuisent gravement à l’image de la Commune et perturbent la vie économique locale. Plus pernicieusement, comme ils procèdent d’une volonté délibérée de provoquer de la part de leurs auteurs, ils accentuent dangereusement la tension au seins des acteurs économiques locaux. Comme j’ai déjà pu en faire part aux représentants de l’État et des forces de l’ordre, nous franchissons à chaque nouvel épisode un cran supplémentaire et frôlons bien souvent la réaction « musclée » d’un riverain ou d’un commerçant local excédé. Bien évidemment, nous souhaitons ne jamais arriver à un tel extrême qui, en plus d’être malheureux, serait bien plus préjudiciable encore à la cohabitation des populations locales.

Florac se réjouit en effet d’avoir su cultiver au fil des siècles une riche tradition d’accueil et de résistance et entend perpétuer les conditions de la libre expression individuelle, mais dans le respect le plus strict des règles essentielles à la cohésion de la communauté. Aussi nous ne saurions tolérer qu’un groupe puisse régulièrement provoquer les forces de l’ordre, les narguer et ainsi perturber la vie locale au nom de la défense d’idées, par ailleurs souvent contraires aux règles mêmes de la république.

C’est dans cet état d’esprit et à la suite des débordements d’un rassemblement de squatteurs du Prat del Ronc, que Florac a accueilli le 26 juillet 2008 une réunion de travail en Mairie, en présence de Monsieur le Sous-préfet, de Monsieur le Député, des élus et acteurs locaux. C’est également dans cet état d’esprit que je m’en remets aujourd’hui à vos services afin que des solutions pérennes puissent être trouvées pour faire cesser ces nuisances récurrentes et surtout endiguer le risque d’un affrontement consécutif à des provocations qui, à mon sens, n’ont que trop duré.

Vous remerciant par avance pour l’intérêt que vous saurez porter à ma requête et à l’expression de mes inquiétudes, Je vous prie de croire, Madame la Préfète, en l’expression de mon profond dévouement.

Daniel VELAY
Maire de Florac

Copie M le Sous-préfet
Copie Claudie Martin
Copie commerçants