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La nef des fous
De la lutte contre les déchets à l’enfouissement du capital !

A propos de la décharge de Ferrussac

Le 9 mai dernier, une manifestation réunissant environ 200 personnes eut lieu à Saint-Julien-de-la-Nef, près de Ganges dans l’Hérault, contre le projet de construction par le Groupe Nicollin d’un Centre d’enfouissement technique des déchets ménagers (CET). Il serait édifié sur le site dit de Ferrussac, en lieu et place d’une décharge sauvage se situant actuellement sur la propriété d’Adeline Guérin ; la dépollution du site en question constituant l’autre enjeu de la manifestation. Le Groupe Nicollin serait prêt à la prendre en charge,... moyennant la construction du centre d’enfouissement des déchets.
Cette manifestation était organisée par l’ASSAUVALH [1], connue dans les années 80-90 pour avoir mené des luttes contre la construction d’une route 4 voies entre Ganges et Le Vigan, l’implantation d’une centrale à béton à Saint-Julien, ou encore un projet immobilier de lotissements sur le site de Ferrussac... Le tract d’appel à la manifestation énonçait clairement les objectifs de l’association : « nous refusons la décharge-poubelle dans la vallée : pour nous, nos enfants, pour la qualité de vie et le maintien de l’activité touristique, agricole et rurale »...

Tout commence dans les années 80, lorsque Jean-Claude Journot, alors copropriétaire du site de Ferrussac [2], se dispose à accueillir les déchets sauvages de la commune de Saint-Julien-de-la-Nef. Cette dernière « aurait même fait aménager le chemin d’accès à Ferrussac par l’entreprise BARRAL » [3], gérée par un certain Jean Barral, le maire de l’époque...
Chemin tracé, bon nombre d’ordures viendront s’engouffrer à Ferrussac : les communes du Vigan, de Ganges..., le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de Ganges (le SICTOM [4]), les Directions départementales de l’équipement (DDE) du Gard et de l’Hérault, le Conseil général de l’Hérault, les entreprises de BTP Colase et Mazza (filière du groupe Eiffage), l’entreprise de Jaques Rigaud (Rigaud Peintures) actuel maire de Ganges, conseiller général de l’Hérault et président de la Communauté de communes gangeoise et sumènoise, ou bien encore l’usine Well, EMMAUS, l’Intermarché de Laroque, la clinique et le Super U de Ganges, etc... [5]
Vingt-cinq ans plus tard, selon l’expert judiciaire en charge de l’enquête depuis mai 2005 pour identifier les pollueurs suite à une plainte déposée par Adeline Guérin (fille de Jean-Claude Journot et héritière actuelle du site de Ferrussac), ce ne sont pas moins de 750 000 camions qui auraient transité par Ferrussac, ce qui représente des millions de tonnes de déchets enfouis à fleur de la rivière Hérault : déchets ménagers, encombrants, gravats de toutes sortes, peintures, pneus par milliers, bordures de trottoirs, conduites d’eau, piles, batteries, ordinateurs !
De 1992 à 2008, à coups d’arrêtés municipaux et préfectoraux, de PV de gendarmerie, les services de l’Etat auraient essayé de stopper toute cette sordide machinerie. Ce qui reste aujourd’hui totalement illusoire selon Adeline Guérin et l’expert judiciaire : les PV de gendarmerie établis « ont tous disparus », comme d’ailleurs « beaucoup de documents, notamment comptables », concernant directement les entrepreneurs verbalisés... [6]
En juillet 2006 par exemple, la sous-préfecture du Vigan lance une énième contre-attaque contre les ayants droit du site de Ferrussac et l’administrateur judiciaire Me Torrelli par un arrêté préfectoral de « mise en demeure », visant à faire établir une étude sur le contenu de la pollution du site (aux frais de ceux-ci, bien sûr). Aujourd’hui, en sachant que l’enquête judiciaire sur la nature et le volume des déchets n’est pas terminée, il est question de 1 à 2 millions d’euros pour dépolluer le site. D’autres experts, se basant sur les analyses de la société indépendante Socotec, mandatée par les Guérin pour déterminer le contenu de la pollution, parlent d’environ 400 000 euros..., mais simplement « dans le but de nettoyer en surface » ! Autre coup bas, en juillet 2008, lors d’une rencontre organisée par le sous-préfet du Vigan Patrick Martinez avec la complicité du maire de Saint-Julien - Lucas Faidherbe [7] -, entre Adeline Guérin et le gang Nicollin [8] : « Dès le départ, dixit Adeline Guérin, ils me proposèrent d’échanger Ferrussac contre une autre propriété » [9]... Ce qu’elle refusa. Qu’à cela ne tienne, le sous-préfet du Vigan donnera « obligation à la propriétaire et à la commune de régler le problème » [10]. Enfin, suite aux vœux de la sous-préfecture, dans un courrier datant de fin août 2009, la mairie de Saint-Julien « met en demeure » Adeline Guérin de dépolluer le site sous 6 mois !

Face à cette situation rocambolesque et ses coups de pression incessants, outre le fait d’avoir engagé une procédure judiciaire afin que les pollueurs paient les frais de dépollution, et en attendant les lourdeurs du tribunal administratif, les Guérin cravachent comme des chiens pour payer les frais d’avocats et les études de dépollution (qui s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers d’euros). Ils se sont proposés également, en concordance avec la mairie, de « participer au financement des travaux pour la remise en conformité du site » grâce à la vente d’une partie de leur terrain constructible, et avec la volonté de créer « un ensemble résidentiel pilote de maisons individuelles Normes RT 2020 Bepos », sorte de « bâtiments à énergie positive » [11]... En phase avec l’ensemble de ce projet accessible à toutes les subventions, les Guérin souhaitent aussi trouver un accord avec le Conseil général pour la « création d’un circuit vert pour promenade à cheval et autres activités, qui s’intègrerait dans le projet du tourisme vert départemental et intercommunal »... [12]
Sans se leurrer sur ce que représente toute cette éco-industrie touristique, fusse-t-elle rurale, ce projet est un moyen pour les Guérin de contre-attaquer financièrement l’Etat et l’ensemble de ses collectivités territoriales : c’est-à-dire ceux qui gèrent les déchets tout en se targuant de « protection environnementale » et de « santé publique »... Ce projet est également une tentative désespérée de personnes qui, sous les soubresauts de l’individualisation de la répression, se retrouvent isolées face à la bureaucratie d’Etat [13].
Quoiqu’il en soit, ce projet n’entre pas dans la ligne de mire de la Préfecture, du Département, de la Région, de la DRIRE [14], de l’ADEME [15], ou du Symtoma... Car, premièrement, y participer les obligerait à reconnaître leur ‘’éco-responsabilité’’ polluante. Et, deuxièmement, parce que la construction d’un CET dans le secteur géographique du Symtoma [16] correspond à la politique du « Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés » du Gard. D’une pierre deux coups, se disaient-ils certainement. Inviter Nicollin au grand buffet leur permettrait de couvrir toutes leurs immondes saloperies (dépollution immédiate !), et de construire leur CET dont ils ont tant besoin pour gérer leur Capital-ordure !
Nicollin ou pas, la décharge de Ferrussac ne reste de toute façon qu’une anecdote dans le paysage des déchets. A Saint-Laurent-le-Minier, à l’image de ce qu’il se passe dans toutes les Cévennes, les eaux ruisselant sur les anciennes mines exploitées par la Société minière et métallurgique de Penarroya (devenue Metaleurop) entraînent les métaux lourds et autres substances chimiques de traitement dans les jardins, les nappes phréatiques et les rivières. Autres exemples, non loin de Ferrusac, au hameau Gourdon ou au-dessus de Maineuf [17], se situent deux autres décharges sauvages. A Saint-Bauzile-de-Putois, dans un esprit de réhabilitation, une aire de jeu pour enfants a été construite sur l’ancienne décharge... A Ganges, c’est le collège qui a été construit sur le site de l’ancienne usine Sotraital [18], spécialisée dans le traitement et le revêtement des métaux à base de peintures, vernis, chrome, étain, mercure, cyanure... Au site de l’ancienne décharge de Valleraugue, selon certains voisins, « ils ont nettoyé les traces de surface avant d’y installer une bâche imputrescible recouverte de terre que la pluie a fini par lessiver, entraînant une pollution aux PCB ». A l’autre bout des Cévennes aussi, il y a le bel exemple de la ville de Salindres, près d’Alès. Y règne une « impressionnante décharge » qui « s’étend sur une centaine d’hectares et culmine à 35 mètres de hauteur ». 11 millions de tonnes de résidus industriels y aurait été entassés par les entreprises minières et chimiques (hydrocarbures, acides, arsenic, chlore, fluor, etc.). Aujourd’hui, avec ses entreprises classées Seveso 2, Rhodia (produits organo-chlorés) et Axens (catalyseurs), sa cimenterie, ses usines de céramique, d’engrais, de traitement des boues d’épuration, etc., le territoire contaminé de Salindres serait même en passe d’accueillir « une unité biomécanique de tri et de traitement des déchets » commandée par le Grand Alès et gérée par SITA Sud (groupe Suez) [19]...

De la production et de la gestion des déchets

Le problème de la gestion des déchets pose inévitablement la question de leur production. Car c’est bien à ce niveau qu’il faudrait intervenir pour résoudre notre problème. Ce n’est pas, on s’en doute, à coup d’incinérateur, de stockage, de traitement physico-chimique, de « composteurs individuels » [20] ou d’opérations « sacs jaunes » en plastique... qu’on résoudra le problème, comme le laisseraient croire les Faidherbe, Rigaud et autres.

De l’origine des déchets

Historiquement, pour en rester à l’époque capitaliste, la production de masse des déchets a commencé avec l’industrie métallurgique et minière, bien utile pour le développement des chemins de fer, de l’automobile, de l’armement, voire, déjà, de la pharmaceutique [21]. Un peu plus tard, cette industrie prospérera également dans les secteurs du bâtiment, de l’aéronautique, du nucléaire, de l’électronique...
Ensuite est venue l’industrie chimique en tant que telle, très liée à celles des mines et de la métallurgie. Pétrochimie, pharmaceutique, agriculture, armement, textile, papeterie, bois, bâtiment, électronique, nucléaire, cosmétique, traitement des eaux et des déchets..., aucune marchandise du procès de production capitaliste n’échappe à l’emprise de la Chimie.
Dans la continuité, on peut remarquer l’essor formidable qu’a pris l’industrie plastique (issue de la pétrochimie), également très utile pour le transport et la conservation des marchandises. On la retrouve donc surtout dans les secteurs de l’emballage (des denrées alimentaires, notamment), mais aussi dans ceux du transport, de l’électroménager, de l’audiovisuel, de l’informatique, de la bureautique, du textile, du bâtiment, des jouets, ou du commerce de n’importe quoi !

Définition, classement et nature des déchets selon la DRIRE

« Est un déchet tout résidu d’un processus de production, de transformation, ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon » [22]. Dans ce cadre restreint - les rejets massifs dans les nappes phréatiques, les rivières et l’atmosphère n’étant jamais pris en compte -, la DRIRE distingue trois grandes catégories de déchets : les « déchets inertes », qui seraient chimiquement et physiquement neutres, essentiellement issus du BTP (déblais, gravats) ; les « déchets dangereux » qui se caractérisent par des propriétés « explosives, comburantes, inflammables, irritantes, nocives, toxiques, cancérigènes, corrosives, infectieuses, toxiques pour la reproduction, mutagènes, écotoxiques » [23] nécessitant des traitement très spécifiques ; les « déchets ménagers et assimilés » (DMA) « sans caractère dangereux ou polluant »... comme les papiers, cartons, bois, verres, textiles, emballages plastiques...
Alors, bien sûr, ces systèmes de classement sont très relatifs. Dans ce que la DRIRE appelle « DMA », par exemple, il y a une bonne quantité de « déchets dangereux » : encombrants, produits de jardinage et de bricolage, phytosanitaires, peintures, bains photographiques, piles, cartouches d’encre, médicaments, sels métalliques, solvants, acides, etc. Sans parler de la « non dangerosité » supposée de déchets comme les papiers, les emballages plastiques ou autres. Il est bien évident qu’avec ce genre de postulat, la DRIRE élimine complètement tout le processus polluant nécessaire à la fabrication de tels produits. Enfin, il faut bien considérer que nous nous sommes limités à présenter la classification étatique de base des déchets. Il existe aussi, en effet, une multitude de sous-catégories parallèles à la « gestion optimisée des déchets » du Capital : déchets de la collectivité, des ménages, municipaux, industriels, banals, dangereux, spéciaux, diffus, dispersés, électroniques, agricoles, de soins, à risques, etc.
Dans ses différentes formes (boues, pâtes, liquides, solides, mâchefers, résidus d’épuration de fumées...), une contradiction formidable gît au sein de l’univers des déchets : l’activité de traitement des déchets et des eaux produit à elle seule plus d’un tiers de la totalité des déchets dangereux. Considérée par certains comme un « véritable fluide industriel », l’eau, élément de base de toute vie biologique, est devenue le déchet principal de la production capitaliste du monde, quelque chose de mort se mouvant en nous-mêmes, la substance recyclée par excellence ! Nécessaire à tous les niveaux du procès industriel (refroidissement, lavage, fluidification...), il en faut par exemple 80 litres pour produire 1 kg d’acier, 1250 l. pour 1 kg d’aluminium, jusqu’à 50 l. pour une bouteille d’eau minérale, ou encore 8600 l. pour une carte mémoire de six pouces [24]... Quant on pense par exemple à tous ces badges d’accès électroniques distribués par le SYNTOMA pour accéder aux déchetteries, cela en dit long sur les prétentions écologiques des Gervasoni [25], Faidherbe, Rigaud et consort !

De la gestion et du traitement des déchets

Gérés par les collectivités territoriales suivant le Plan départemental d’élimination des déchets en vigueur [26], les Déchets ménagers et assimilés (DMA) sont collectés de manière « séparative ». On peut ainsi distinguer trois modes de collecte : le classique porte-à-porte, les apports volontaires en déchetteries, et en bornes spéciales (verres, papiers, cartons, emballages...). Dans l’idéal, de déchetteries en éboueurs exploités, le déchet voyagera ensuite vers une plateforme de compostage (s’il est organique et non-dangereux), voire une station de transit s’il a quelque temps, ou bien vers un centre de tri extérieur (s’il est inorganique ou mélangé). Enfin, s’il est encore « vivant », il se dirigera selon son goût dans le maillage des filières spécialisées de traitement pour se recycler, s’incinérer et/ou s’enfouir au centre d’enfouissement technique classe 1, 2 ou 3, voire même au Centre de stockage des déchets ultimes (CSDU). Sinon, il ira directement s’incinérer à l’Unité d’incinération des ordures ménagères (UIOM) pour produire un peu d’électricité ou de chaleur pour beaucoup de dioxine ; ou bien ira-t-il dans une cimenterie pour servir de combustible, sans passer par des filières de traitement trop spéciales... S’il est organique et particulièrement hydrocarboné, il pourra aussi tirer sa révérence comme biogaz vers Montpellier, la nouvelle mecque française de la méthanisation, au quartier Garosud, là où ça pue grave !
Les déchets dangereux, quant à eux, sont gérés par la Région en collaboration avec des « prestataires de services », qui sont à peu près les mêmes qui s’occupent des DMA. D’abord collectés, ils sont ensuite transportés par camions vers des centres de traitement. Les filières sollicitées pour leur traitement sont peu ou prou les mêmes que pour les DMA. En 2006, en ce qui concerne exclusivement les 250 000 t. du « gisement » produit en Languedoc-Roussillon, la moitié de ces déchets étaient incinérés, ou plutôt valorisés, essentiellement dans les cimenteries Lafarge de Port-la-Nouvelle et Calcia de Beaucaire (37%), ou bien dans les unités d’incinération de déchets ménagers de Cydel à Calce et d’Evolia à Nîmes ; plus d’un tiers étaient stockés à l’Installation de stockage de déchets dangereux de la Sita [27] à Bellegarde (11%), ou bien dans des unités de stockage interne aux entreprises comme celles de Comurhex-Malvési (27%) et de SLMC à Narbonne ; pour le reste, ils parlent de traitement physico-chimique, biologique ou de recyclage..., voire de centre de « regroupement ».

Comme nous pouvons le percevoir depuis maintenant une quinzaine d’années, c’est tout un maillage en réseau qui s’est développé autour de la gestion des déchets : déchetteries, points de collectes, plateformes de regroupement et de reconditionnement, centres de transit, de traitement, de valorisation, d’enfouissement, d’incinération, de stockage ultime..., sans compter les réseaux de transport. Comme on s’en doute, tout ce système de gestion des déchets est très porteur pour la nouvelle « économie verte », le « développement durable » ou la « nouvelle morale du capitalisme ». Deux sacro-monstres se dégagent nettement parmi les acteurs de ce système : Véolia et Suez Environnement [28]. Pour ceux-ci, il s’agit de développer de manière durable et rentable « des solutions de valorisation des déchets » à tous les niveaux : valorisation énergétique sous forme de chaleur et d’électricité, recyclage de la matière, valorisation biologique sous forme de biogaz ou d’engrais ; en collaboration avec des laboratoires d’Etat comme le Cemagref, le BRGM, l’ADEME, l’INERIS [29], les Agences de l’eau, les DRIRE, les Chambres du commerce et de l’industrie, etc.
Pour toute cette clique, il s’agit aujourd’hui de « gérer les déchets comme des ressources », ce qui permettrait notamment « d’économiser des ressources énergétiques non renouvelables » en voie de pénurie, comme le pétrole, le gaz naturel, l’uranium et bien d’autres minerais nécessaires à la production des marchandises, voire même « de lutter contre l’effet de serre »... Les déchets ne sont donc plus ici considérés comme « des résidus de la société de consommation qu’il faudrait traiter pour des raisons de santé publique », mais comme des « sources possibles de matières premières et d’énergie renouvelable », et surtout comme des sources durables de fric et d’emplois exploités « solidaires » !
Toute une « éco-industrie du recyclage » est donc mise en place, notamment sur les sites des anciens bassins industriels. Des « solutions d’éco-conception » sont développées en partenariat avec les autres industriels afin de « concevoir des produits optimisant la productivité des ressources », c’est à dire des produits faciles à démanteler et à recycler ; les collectivités territoriales assurant, elles, la propagande des vertus « éco-responsables » et « citoyennes » des « tris à la source », comme les « opérations sacs jaunes » ou autres...

Pour revenir sur la gestion de l’eau par exemple, en totale synergie avec celle des déchets, les « inventeurs du futur de l’eau » ont développé le service « Usine virtuelle » qui permet de concevoir virtuellement les installations et les équipements technologiques optimums en fonction des besoins directs des collectivités, des entreprises et des géants industriels. Le service NOSE par exemple (No Odor for Suez Environnement), s’inscrivant dans « une initiative participative faisant appel à l’odorat de jurys de riverains [..], propose une démarche globale visant à caractériser les odeurs pour maîtriser les nuisances olfactives » des stations de traitement et d’épuration des eaux. C’est qu’il s’agit aujourd’hui pour la « modernité » de « traiter les eaux usées sans nuisances » ! Ça parle même de « valoriser les sous-produits de l’assainissement » issus du traitement des eaux usées, c’est-à-dire de bouillasse contaminée réutilisée ou recyclée comme épandage agricole !!!

Que faire ?

De l’affaire particulière de Ferrussac aux problèmes généraux de gestion et de production des déchets dans la société capitaliste, on aura essayé de déblayer quelque peu le terrain. Nous n’avons pas pu discuter de tout ce dont nous aurions voulu. Nous pensons particulièrement aux problèmes que posent l’industrie nucléaire. C’est qu’il existe, en effet, une agence d’Etat spéciale pour gérer ce type de déchets : l’ANDRA [30]. A l’heure française de la nucléarisation du monde, sous le prétexte fallacieux du « réchauffement climatique » et de « la lutte contre l’effet de serre », il serait de bon augure de rediscuter du sujet, d’autant que, depuis l’été 2008 - pour ne parler que de l’ANDRA -, des centaines d’appels d’offre ont été déposées dans quelques centaines de communes françaises afin de construire des centres d’enfouissement de déchets radioactifs. Ici ou là, les gens s’opposent, et ne se laissent pas amadouer par les millions d’euros que l’ANDRA proposent aux petites communes pour réaliser ses funestes désirs.
Ici ou là, encore, il y a beaucoup à faire pour que s’amplifient les luttes contre les centres d’enfouissement, les décharges sauvages, les déchets, les pollutions, ou plus simplement le procès de mort industriel. Alors voilà, il n’y aurait, paraît-il, jamais de recettes toutes faites pour lutter contre ce monde. Pourtant, de la simple réflexion sur nos besoins à la manif tranquille ou violente, en passant par la pétition, le texte, l’assemblée, le feu, etc., il y a bien déjà, selon les personnes, les moments et les possibilités, quelques germes de solutions, qui ne sont d’ailleurs pas forcément antagonistes. C’est bien cela que nous aimerions fouiller un peu plus...
En ce sens, tous ceux qui désirent, de près ou de loin, participer à notre réflexion et/ou à ce qu’elle implique, que ce soit sur Ferrussac ou tout le reste, peuvent nous contacter sur cette adresse mail : elodea@riseup.net

Liste des principaux producteurs de déchets dangereux industriels en Languedoc-Roussillon pour 2006 :
Comurhex-Malvési qui en produit à lui seul plus de 60 000 t. (plus de 50 %), SLMC, Sita SUD (Narbonne) ; Dépôt pétrolier de Port-la-Nouvelle, Société occitane de fabrication et de technologie, Total France, Lafarge Ciments, Frangaz (Port-la-Nouvelle) ; Cameron France (Béziers) ; Saipol, Setom (Sète) ; Société de gestion de dépôt d’hydrocarbure (Frontignan) ; Sanofi Aventis Recherche et Développement, IBM (Montpellier) ; Areva T&D (Lattes) ; Evolia, 4° Régiment du matériel (Nîmes) ; Sita FD (Bellegarde) ; Ciments Calcia (Beaucaire) ; EDF-DPIT, Sanofi Chimie (Aramon) ; CEA Valhro (Bagnols-sur-Cèze) ; GIE Chimie, Rhodia Operations, Axens (Salindres) ; Arcelor (Saint-Chely-d’Apcher)...

Liste de quelques collecteurs de déchets dangereux en Languedoc-Roussillon :
Astrhalor, Chimirec Massif Central, ONYX Rhône-Alpes (Mende) ; Vitrine medicale 12 (Marvejols) ; Cévennes Déchets, Ecologik Buro, Medica service (Alès), ATO (Sommières) ; APF industrie, ONYX Languedoc-Roussillon (Montpellier) ; SITA Sud (Narbonne, Perpignan, Montfavet)...

 

[1] Association de sauvegarde de la vallée de l’Hérault-Cévennes.

[2] Journot ne possédait réellement que 25% des 80 hectares du site.

[3] Cf. L’Aigoualité n°11, avril-mai 2009, « Projet de mégadécharge... ».

[4] Englobé depuis par le Syndicat mixte de traitement des ordures ménagères et assimilées Aigoual-Cévennes-Vidourle, dit le Symtoma.

[5] Pour des raisons judiciaires - une enquête est en cours -, nous ne citons pas nos sources, sources qui de toute façon ne demeurent qu’un secret de polichinelle pour les habitants de Saint-Julien.

[6] Cf. L’Aigoualité, n° cité.

[7] Lucas Faidherbe est aussi président des maires ruraux de France et vice-président du Symtoma...

[8] Représenté par M. Héritier et Laurent Mazzeï (le responsable de Cévennes containers assainissement : filiale du Groupe Nicollin).

[9] Cf. L’Aigoualité, n° cité.

[10] Cf. Midi-Libre, 20 février 2009, « Décharge sauvage : débat mardi soir ».

[11] Cf. L’Aigoualité, n° cité.

[12] Pour une critique de l’éco-tourisme, voir les Bulletins de contre-info en Cévennes n°2 : « Ecotourisme durable : la turista du 21ème siècle » ; n°3 : « L’écotouriste et son monde » ; n°5 : « PNC, mon amour ! » ; n°7 : « Vous avez dit Ecosite ?, ».

[13] Malgré le soutien apparent d’habitants de Saint-Julien, aucun d’entre eux n’a daigné signer la moindre attestation de témoignage dans le cadre de l’enquête judiciaire chargée d’identifier les pollueurs.

[14] Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement.

[15] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, établissement public sous la tutelle conjointe du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, et du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

[16] Le Symtoma regroupe aujourd’hui une centaine de communes réunies dans sept communautés de communes (Aigoual, Pays vigannais, Cévennes gangeoises et sumènoises, Coutach-Vidourle, Cévennes-Garrigues, Vallée-Borgne), voire prochainement huit avec Anduze.

[17] Dans les bois, sur le terrain d’un certain M. Guibal.

[18] Sotraital fut ravagée par le feu en 1993.

[19] Cf. Le Canard enchaîné, 20 mai 2009, « Bienvenue dans la poubelle de France ». Voir aussi le BCIC n°8 et le site : www.salindresvillepoubelles.com.

[20] Vendus 15 euros dans les communes dépendant du Symtoma.

[21] En Cévennes, aux 19 et 20è siècles, il y eut une ruée du zinc, dont on se servait pour les tubes de pommade.

[22] Cf. État des lieux des flux de déchets en Languedoc-Roussillon, rapport de la DRIRE, édition 2005.

[23] Cf. article R.541-8 du code de l’environnement.

[24] Chiffres tirés de Quelle eau buvez-vous ?, Alain Rossette-Cazel, éd. Quintessence, 2007.

[25] Président du Symtoma.

[26] Il existe un plan départemental spécial pour gérer les déchets du BTP.

[27] Filiale de Suez Environnement.

[28] Cf. Rapport d’activité de développement durable 2008, Suez Environnement ; Rapport d’activité 2007, Véolia Eau.

[29] Institut national de l’environnement industriel et des risques.

[30] Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs.